ETATS-UNIS: Trump loue le « travail fantastique » du président Sissi en Egypte

Le président américain Donald Trump a rendu lundi un hommage appuyé à son homologue égyptien Abdel Fattah al-Sissi, jugeant qu’il faisait « un travail fantastique » et tournant ostensiblement la page des critiques de l’administration Obama sur les droits de l’homme.

« Vous avez, avec les Etats-Unis comme avec moi-même, un grand ami et un grand allié », a déclaré M. Trump à l’occasion de cette première visite d’un président égyptien à la Maison Blanche depuis près d’une décennie.

Pour l’homme fort de l’Egypte, qui n’avait jamais été invité par Barack Obama, ce tête-à-tête dans le Bureau ovale avait une saveur particulière. Tout sourire, il a exprimé son « admiration » pour la personnalité du magnat de l’immobilier. 

L’ex-chef de l’armée égyptienne, qui a destitué son prédécesseur islamiste Mohamed Morsi en 2013 avant d’être élu à la présidence un an plus tard, a affiché sa volonté de travailler étroitement avec les Etats-Unis pour « une stratégie efficace de lutte contre le terrorisme ».

La lutte contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI), mais aussi la façon dont la Maison Blanche entend esquisser des propositions sur le conflit israélo-palestinien, devraient être au coeur des discussions.

Le magnat de l’immobilier et l’ancien général, qui n’ont pas prévu de conférence de presse commune, s’étaient déjà rencontrés à New York en septembre, lorsque la campagne battait son plein.

« Je veux que tout le monde sache que nous sommes clairement derrière le président Sissi, il a fait un travail fantastique dans un contexte très difficile », a souligné M. Trump, qui entame une semaine diplomatique chargée avant la réception du roi Abdallah II de Jordanie mercredi puis une rencontre en Floride avec le président chinois Xi Jinping.

Le face-à-face était très attendu car il devait donner de précieuses indications sur la façon dont le nouveau occupant de la Maison Blanche entend aborder la question des droits de l’homme avec des dirigeants montrés du doigt sur ce thème.

Interrogés avant la rencontre sur ce thème, ses conseillers avaient affirmé que la question serait abordée de façon « privée et discrète », jugeant que c’était « la façon la plus efficace » de le faire.

– Indignation des ONG –

Cette approche a provoqué l’indignation des ONG de défense des droits de l’homme.

« Inviter M. Sissi pour une visite officielle à Washington au moment où des dizaines de milliers d’Egyptiens croupissent en prison et où la torture est de nouveau à l’ordre du jour est une étrange façon de bâtir une relation stratégique stable », a estimé Sarah Margon, responsable de Human Rights Watch dans la capitale fédérale américaine.

La Maison Blanche a pour sa part, dans un communiqué publié lundi soir, salué « les efforts courageux » du président égyptien « pour promouvoir une conception modérée de l’islam ».

Les deux dirigeants « sont d’accord sur la nécessité de reconnaître la nature pacifique de l’islam et des musulmans dans le monde », a ajouté la présidence américaine.

L’administration Obama avait gelé son aide militaire à l’Egypte en 2013 après la destitution du président islamiste Mohamed Morsi et la répression sanglante de ses partisans. Mais le rôle incontournable de l’Egypte, le plus peuplé des pays arabes, avait poussé la Maison Blanche à infléchir sa position en 2015 même si les relations restaient difficiles.

Les Etats-Unis allouent chaque année environ 1,5 milliard de dollars d’aide à l’Egypte, dont 1,3 milliard dans le domaine militaire.

La Maison Blanche, qui vient de lancer un débat budgétaire qui s’annonce houleux sur fond de réduction drastique de l’aide internationale, a promis de maintenir un niveau d’aide « fort » à l’Egypte. Mais ne s’est engagée sur aucun chiffre.

La nouvelle administration républicaine serait-elle prête à désigner la confrérie des Frères musulmans de Mohamed Morsi comme une « organisation terroriste » ?

« Le président souhaite entendre la position du président Sissi sur le sujet », a répondu, prudent, un haut responsable américain avant la visite. « Comme d’autres pays, nous avons des inquiétudes concernant diverses activités des Frères musulmans dans la région ».

Par Guylain Gustave Moke

ROYAUME-UNI: Theresa May au Moyen-Orient

La Première ministre Theresa May a rencontré lundi à Amman le roi de Jordanie lors de la première étape d’un voyage qui doit également la mener en Arabie saoudite pour évoquer la sécurité et le commerce.

Avant son départ, Mme May avait déclaré que c’était « clairement dans l’intérêt du Royaume Uni, en matière de prospérité et de sécurité, de soutenir » ces deux pays arabes. Mme May a indiqué qu’en travaillant avec des nations comme la Jordanie, son pays contribuerait « à garder les Britanniques en sécurité ».

La dirigeante britannique a également déclaré qu’elle discuterait des façons d’aider la Jordanie pour l’accueil de centaines de milliers de réfugiés venant de la Syrie voisine, pays en guerre depuis six ans. 

– Nouveaux contrats –

En Arabie saoudite, où elle sera mardi et mercredi, la chef du gouvernement britannique devrait discuter investissements et commerce bilatéral alors que la Grande-Bretagne a formellement engagé son divorce de l’Union européenne (UE), le « Brexit ».

A Ryad, elle discutera du commerce, affirmant avant son départ qu’il y existait « un énorme potentiel d’investissements saoudiens pour doper l’économie britannique ».

Mme May cherche à obtenir de nouveaux contrats maintenant qu’elle a formellement activé l’article 50 du traité de Lisbonne par lequel a été lancé officiellement le départ du Royaume-Uni de l’UE.

Le mois dernier, le Qatar a annoncé un plan d’investissements de cinq milliards de livres (5,8 milliards d’euros) au Royaume-Uni dans les trois à cinq années à venir, notamment dans les infrastructures et les services.

L’Arabie saoudite cherche, pour sa part, à augmenter ses investissements à l’étranger dans le cadre d’un plan pour diversifier son économie et réduire sa dépendance aux recettes pétrolières.

Mme May est devenue en décembre le premier chef du gouvernement britannique à assister au sommet annuel du Conseil de coopération du Golfe (CCG, Arabie saoudite, Bahreïn, Emirats arabes unis, Koweït, Oman et Qatar).

Lors de cette réunion, elle avait dénoncé « la politique agressive » de l’Iran, un pays rival des monarchies du Golfe avec lesquelles avait été décidé de « lancer un partenariat stratégique » pour favoriser des relations plus étroites, notamment dans les domaines de la défense et de la sécurité.

La Grande-Bretagne est déjà un important fournisseur d’armes à l’Arabie saoudite et fait l’objet de nombreux appels à suspendre ses ventes à ce pays en raison de l’intervention militaire d’une coalition arabe menée par Ryad au Yémen, en soutien au gouvernement face à des rebelles.

A ce sujet, la porte-parole de Mme May a indiqué que la guerre au Yémen n’était pas à l’ordre du jour de sa visite en Arabie saoudite.

Par Guylain Gustave Moke

RUSSIE: Attentat à Saint-Pétersbourg

Une dizaine de personnes ont péri lundi dans un attentat dans le métro de Saint-Pétersbourg. Une enquête pour « acte terroriste » a été ouverte. Voici ce que l’on sait.

Un « kamikaze » originaire du Kirghizstan est l’auteur de l’attentat qui a fait 11 morts et 45 blessés lundi dans le métro de Saint-Pétersbourg, ont affirmé mardi les services de sécurité de cette ex-république soviétique d’Asie centrale.

« Le kamikaze dans le métro de Saint-Pétersbourg (nord-ouest de la Russie) était un ressortissant kirghize, Akbarjon Djalilov (…), né en 1995 », a déclaré le porte-parole des services de sécurité kirghizes, Rakhat Saoulaïmanov. « Il est probable qu’il a acquis la nationalité russe », a-t-il ajouté.

Cet attentat, qui n’a pas été revendiqué, intervient alors que l’organisation Etat islamique (EI) a appelé à frapper la Russie après son intervention en soutien aux forces de Bachar al-Assad en Syrie, fin septembre 2015.

Au moins 7.000 ressortissants de l’ex-URSS, dont environ 2.900 Russes, ont rejoint les groupes jihadistes en Irak et en Syrie, notamment au sein de l’EI, selon le FSB.

– L’explosion –

Selon les services antiterroristes et d’enquête, l’explosion est survenue à 14H40 locales (11H40 GMT) dans une rame circulant entre les stations Sennaïa Plochtchad et Tekhnologuitcheski Institout dans le centre de la deuxième ville de Russie.

Selon le Comité d’enquête, le conducteur du métro n’a arrêté la rame qu’à la station suivante « ce qui a permis de procéder sans attendre à l’évacuation et à l’aide des victimes ».

Photos et vidéo diffusées sur les réseaux sociaux ont montré le métro arrêté dans la station Tekhnologuitcheski Institout avec les portes soufflées et plusieurs personnes inanimées sur le sol de la station.

– Une « bombe artisanale » désamorcée –

Le Comité antiterroriste a annoncé avoir désamorcé une « bombe artisanale » dans une autre station très fréquentée du centre, « Plochtchad Vosstaniïa », sur la principale artère de la ville, la perspective Nevski et en face de la gare desservant Moscou.

Selon les services secrets du FSB, l’engin explosif a été découvert à 15H00 (12H00 GMT). 

– Le bilan –

L’explosion a fait une dizaine de morts. Sept personnes ont péri sur le lieu de l’explosion, une pendant le transport par ambulance et deux à l’hôpital — et 37 blessés dont six grièvement, a indiqué la ministre de la Santé Veronika Skvortsova. Selon elle, une adolescente de 15 ans a été hospitalisée avec un traumatisme crânien.

– La piste terroriste –

Saisi, le Comité d’enquête russe, organisme chargé des principales affaires, a ouvert une enquête pour « acte terroriste », précisant toutefois qu’il étudierait « toutes les autres hypothèses possibles ».

« Nous étudions toujours toutes les éventualités: accidentelle, criminelle et avant tout une action à caractère terroriste », a assuré Vladimir Poutine qui se trouvait à Saint-Pétersbourg au moment des faits.

La Russie a été frappée plusieurs fois par le terrorisme ces dernières années. La menace est particulièrement élevée depuis le lancement d’une intervention armée en Syrie en soutien au régime de Bachar el-Assad, en septembre 2015, et à un peu plus d’un an du Mondial 2018 de football.

Le 31 octobre 2015, un Airbus A321 transportant des touristes russes s’était écrasé dans le Sinaï égyptien peu après son décollage de la station balnéaire de Charm el-Cheikh en direction de Saint-Pétersbourg, tuant ses 224 occupants. Le groupe Etat islamique avait revendiqué l’attaque.

En 2013, deux attentats suicides à Volgograd (sud) avaient fait 34 morts, quelques semaines avant les Jeux Olympiques de Sotchi.

– Sécurité renforcée –

Les autorités de Saint-Pétersbourg ont décrété trois jours de deuil localement à partir de mardi. Le métro de la deuxième ville de Russie était totalement fermé lundi en fin d’après-midi.

A l’échelle nationale, les services antiterrroristes ont annoncé avoir renforcé les mesures de sécurité notamment dans les transports. L’agence chargée du transport aérien a ordonné aux aéroports et compagnies aériennes de tout le pays d’appliquer des mesures supplémentaires.

Par Guylain Gustave Moke

UKRAINE: Le FMI débloque un milliard de dollars pour l’Ukraine

Le Fonds monétaire international (FMI) a débloqué lundi un milliard de dollars de prêt à l’Ukraine, un versement qui avait été repoussé en raison du blocus imposé à l’Est séparatiste.

Le président ukrainien Petro Porochenko a estimé sur sa page Facebook qu’il s’agissait d' »un signe de plus des réformes mises en oeuvre en Ukraine ».

Le FMI a précisé que ce nouveau versement portait à 8,38 milliards de dollars les fonds versés par le Fonds dans le cadre du plan d’aide de 17,5 milliards de dollars accordé en 2015 à Kiev, alors au bord du défaut sur sa dette, en contrepartie à des mesures de rigueur. 

Le conseil d’administration du FMI devait initialement se pencher le 20 mars sur l’octroi d’une nouvelle tranche de ce crédit. Il avait repoussé sine die cette discussion pour évaluer les conséquences de la décision de Kiev de mettre fin à ses liens commerciaux avec les régions de l’Est sous contrôle des séparatistes prorusses.

A la suite de ce blocus, la banque centrale a abaissé sa prévision de croissance du produit intérieur brut pour 2017 à 1,9% contre 2,8% auparavant. Elle avait auparavant estimé la croissance à 1,8% en 2016, marquant une timide reprise après un effondrement de près de 15% sur les deux années précédente.

Selon la banque centrale, les exportations de l’industrie métallurgique, concentrée dans l’Est, vont diminuer tandis que les importations de charbon vont augmenter. Kiev va devoir en effet trouver d’autres sources d’approvisionnement que les mines de charbon des régions séparatistes.

Le conflit dans l’Est a fait plus de 10.000 morts depuis trois ans.

« L’économie ukrainienne montre des signes bienvenus de reprise. La croissance est de retour, l’inflation a été abaissée et les réserves internationales ont doublé. Ces progrès doivent beaucoup aux actions décisives des autorités, incluant des bonnes politiques macro-économiques. La stabilisation récente apporte les bases pour davantage de croissance », a affirmé le directeur-général adjoint du FMI, David Lipton, cité dans un communiqué.

– Réformes structurelles –

Il a toutefois souligné que des réformes structurelles sont encore nécessaires pour « parvenir à une croissance plus rapide et durable, augmenter les revenus et permettre à l’Ukraine de rattraper les autres pays de la région ». Il a notamment cité le besoin de privatiser davantage et de créer un marché pour les terres agricoles.

« La corruption doit être combattue vigoureusement », a-t-il ajouté, estimant que la création de nouvelles structures n’avait pas encore permis de dégager des résultats concrets dans ce domaine.

Le FMI a également estimé que la dette publique restait trop élevée et appelé à une réforme rapide du système des retraites s’accompagnant d’un allongement de la durée du travail. Il a salué la politique de la Banque centrale en indiquant que son indépendance devait être préservée.

Concernant le secteur bancaire, il a ajouté que la renationalisation de la plus importante banque du pays avait permis de préserver la stabilité financière mais doit être suivie « d’efforts déterminés pour assurer le remboursement des prêts afin d’en minimiser le coût pour les contribuables ».

La banque centrale ukrainienne a pour sa part qualifié de « vote de confiance » de la part de la communauté financière internationale la décision du FMI. Elle a estimé que son travail d’assainissement du secteur bancaire avait largement contribué à permettre au FMI de débloquer les fonds prévus. « Cela enverra un message clair à tous ceux qui ont essayé d’exploiter illégalement le secteur bancaire à leur avantage », a affirmé la banque centrale dans un communiqué.

Le président Porochenko avait imposé à la mi-mars des sanctions aux filiales des banques publiques russes opérant en Ukraine parmi lesquelles les géants publics Sberbank et VTB, leur interdisant de sortir des fonds du pays.

L’Ukraine fait également face à la menace de banques « zombies » que la banque centrale tente d’éliminer mais qui arrivent à « ressusciter » grâce à des décisions de justice. Ces banques disposent d’actifs moins élevés que les prêts de mauvaise qualité accordés, présentant un risque important de ne jamais être remboursé. En difficultés, elles nécessitent l’aide des pouvoirs publics pour continuer à fonctionner.

Par Guylain Gustave Moke

BRESIL: Début d’un procès pouvant invalider le mandat du président

Le Tribunal Supérieur Électoral (TSE) du Brésil juge à partir de mardi la validité du dernier scrutin présidentiel, un procès qui pourrait coûter son mandat au président conservateur Michel Temer, pour financement illégal de campagne.

M. Temer a le temps comme principal allié, sachant que le procès risque d’être reporté dès le premier jour des débats. Et, même en cas de décision favorable à l’annulation du scrutin, sa défense a déjà annoncé son intention d’épuiser tous les recours possibles, ce qui devrait lui permettre d’aller au terme de son mandat fin 2018.

S’il devait abandonner son poste, il s’agirait d’une véritable bombe pour un pays déjà plongé dans une grave crise politique et économique, envenimée par le méga-scandale de corruption Petrobras. 

L’accusation a été formulée en 2014, année de l’élection lors de laquelle M. Temer, alors vice-président, a été reconduit pour un mandat de quatre ans aux côtés de la présidence de gauche Dilma Rousseff, destituée l’an dernier pour maquillage des comptes publics.

Ironie du sort, la dénonciation pour « abus de pouvoir économique, politique et fraude » est venue du PSDB (centre-droit), parti d’Aecio Neves, candidat malheureux de ces élections, mais aujourd’hui un allié important du gouvernement Temer, qui nie toute malversation.

Si le TSE décide d’annuler le mandat du ticket Rousseff-Temer, ce dernier devra quitter le pouvoir et son successeur sera désigné par le Parlement, voire par des élections anticipées, selon la date de la décision finale.

– ‘Tranquillité’ –

Les prochaines élections générales sont prévus pour octobre 2018 et la défense du président entend donc multiplier les recours pour retarder un maximum la décision du tribunal.

« La tranquillité est de mise. Le temps joue en faveur du président et de nombreux recours sont possibles », explique une source du gouvernement, qui prévoit un appel devant la Cour Suprême en cas de décision défavorable au chef d’État.

Le tribunal doit décider si l’élection de 2014 a été compromise par des fonds provenant de la corruption qui auraient alimenté les caisses noires des partis des candidats. En ligne de mire, des versements effectués par le géant du BTP Odebrecht, accusé de truquer les marchés publics de la compagnie pétrolière d’État Petrobras.

La décision du TSE est prise de façon collégiale, à la majorité des sept magistrats membres du tribunal.

Les délibérations commencent mardi pour prendre fin jeudi, à moins que les juges ne demandent une suspension du procès pour examiner les détails du rapport de plus de 1.000 pages qui sert de base aux accusations. Les avocats de la défense peuvent aussi réclamer un report.

« Je ne serais pas surpris qu’une demande de ce type soit utilisée comme instrument pour interrompre le procès. De nombreux intérêts politiques sont en jeu », analyse Michael Mohallem, professeur de droit de la Fondation Getulio Vargas.

– Contexte peu propice –

La défense de M. Temer a aussi tenté de couper le ticket électoral en deux, jugeant que le président actuel n’a pas participé aux démarches de financement occulte de la campagne de Mme Rousseff, mais sa motion a peu de chance d’aboutir. Même si le chef d’État n’a pas été officiellement mis en cause dans le scandale Petrobras, son nom a été mentionné dans l’enquête et nombre de ses proches collaborateurs ont été éclaboussés par les affaires.

Selon les médias brésiliens, le principal juge en charge de l’affaire, Herman Benjamin, devrait requérir l’invalidation du Rousseff-Temer et la tenue de nouvelles élections. Le tribunal peut aussi les déclarer tous deux inéligibles pour huit ans. Mais la situation politique et économique du pays n’est pas forcément propice à un nouveau séisme institutionnel, moins d’un an après la destitution de Mme Rousseff.

Le Parlement est largement contrôlé par la coalition autour du gouvernement Temer, qui dispose aussi du soutien des principales forces économiques du pays, peu désireuses de voir dérailler le train de réformes menées par les dirigeants actuels pour sortir le Brésil de la crise.

Par Guylain Gustave Moke

Corée du Nord: La Corée du Nord menace de riposter aux sanctions

La Corée du Nord a averti qu’elle riposterait si la communauté internationale décidait d’alourdir les sanctions contre ses programmes balistique et nucléaire.

Cette mise en garde, effectuée lundi, est intervenue au lendemain de la publication par le Financial Times de déclarations du président américain Donald Trump qui s’est dit prêt à « régler » seul le problème nord-coréen, sans l’aide de la Chine.

Elles ont également été faites dans le contexte du lancement, lundi, de manoeuvres militaires entre Séoul, Tokyo et Washington destinées à contrer la menace des missiles stratégiques mer-sol tirés par les sous-marins nord-coréens.

Ces « actions irresponsables » poussent la péninsule, où la situation est déjà tendue, « au bord de la guerre », a déclaré un porte-parole du ministère nord-coréen des Affaires étrangères cité par l’agence officielle KCNA. 

L’idée que les Etats-Unis puissent priver Pyongyang de sa « dissuasion nucléaire » est « un rêve fou », poursuit-il.

« Maintenant que les Etats-Unis vont à l’encontre de l’air du temps en incitant à la confrontation pour étouffer la RPDC, la RPDC n’a d’autre option que de prendre toute les contremesures nécessaires », ajoute-t-il en citant les initiales de la République populaire et démocratique de Corée (RPDC).

« Le monde sera bientôt le témoin des mesures que prendra la RPDC pour contrecarrer le racket hideux et irresponsable des sanctions », a-t-il encore dit.

La Corée du Nord est coutumière des menaces d’ordre général dans ses médias.

Donald Trump doit recevoir jeudi dans sa résidence de Mar-a-Lago en Floride le président chinois Xi Jinping. La Corée du Nord devrait figurer parmi les principaux sujets de leurs discussions, Pékin étant le plus proche allié de Pyongyang.

Le professeur Yang Moo-Jin, de l’Université des études nord-coréennes, a jugé probable que la Corée du Nord se garde de toute action provocatrice avant la fin du sommet sino-américain.

« Il est plus probable qu’elle célèbre le 25 avril le 85e anniversaire de son armée avec un sixième essai nucléaire, le lancement d’un satellite ou un essai de missile intercontinental », a-t-il dit.

Pyongyang cherche à développer des missiles balistiques intercontinentaux susceptibles de porter le feu nucléaire jusque sur le territoire continental des Etats-Unis.

Les tensions se sont aggravées sur la péninsule du fait de l’accélération présumée des programmes nucléaire et balistique du Nord, qui a été suivie par un durcissement des sanctions contre le régime le plus isolé au monde.

En février, Pyongyang avait tiré simultanément quatre missiles, dont trois avaient fini leur course dangereusement près du Japon. Le Nord avait expliqué qu’il s’agissait d’un exercice en vue d’une attaque contre les bases américaines dans l’archipel.

Par Guylain Gustave Moke

RD CONGO: L’interview choc d’ Olivier Kamitatu sur BBC Afrique

L’Honorable Olivier Kamitatu, président de l’ARC et Vice président de G7, membre du Rassemblement de l’opposition, s’est déchaîné dans une interview choc sur BBC Afrique ce matin, sur les conséquences néfastes de la mort clinique de l’ accord de Saint Sylvestre, signé le 31 décembre 2016, sous l’égide de la (CENCO), entre la majorité présidentielle et l’opposition.

Son passage á BBC Afrique lui a permis de s’adresser directement aux Congolais pour marteler le leitmotiv du «rassemblement» et de lancer un puissant message au locataire du Palais de la Nation. ‘ »Le locataire du Palais de la Nation doit remettre les clés au peuple Congolais », a-t-il menacé. 

Interrogé sur le plafond des enjeux politiques du moment en RDC, le leader charismatique de l’ARC et la coqueluche des intellectuels congolais,  Olivier Kamitatu n’hésite pas par ailleurs à proposer les grandes lignes directrices pour «déverrouiller les blocages».

L’intervention musclée du vice-président de G7 intervient au lendemain de l’appel d’un mouvement de grève générale lancé par l’opposition, qui a été largement observé lundi dans plusieurs villes de la République démocratique du Congo, le jour où le président Joseph Kabila consultait la classe politique pour sortir le pays de la crise née de son maintien au pouvoir.

Le président Kabila doit aussi recevoir mardi, lors de deux audiences séparées, les différents délégués qui ont pris part aux discussions directes entre la majorité et l’opposition sous l’égide de la conférence des évêques. Selon des sources de la présidence, il s’agit de baliser la voie pour la mise en œuvre de l’accord du 31 décembre 2016. Le Rassemblement des forces acquises au changement derrière Félix Tshisekedi et Pierre Lumbi s’en méfie.

Ces deux rencontres du président Kabila avec les différentes parties prenantes aux discussions directes de la Cenco ont été annoncées par les services de la présidence de la République. Elles peuvent être considérées, à juste titre, comme la fin des consultations initiées par le chef de l’Etat aussitôt après avoir reçu le rapport des évêques qui avaient modéré les discussions.

Par Guylain Gustave Moke

EQUATEUR: Le socialiste Lenin Moreno remporte l’élection présidentielle

Le socialiste Lenin Moreno a remporté l’élection présidentielle de dimanche en Equateur, qui met ainsi fin à l’ère de Rafael Correa, selon des résultats quasi définitifs du second tour dénoncés toutefois par son adversaire, l’ex-banquier de droite Guillermo Lasso.

« Nous voulons un gouvernement qui commence par un appel à tous, pour un dialogue fraternel. La main est tendue à qui veut la saisir », a déclaré Lenin Moreno, qui succèdera le 24 mai à son charismatique mais polémique mentor, au pouvoir depuis dix ans. 

Jugé affable et plus conciliant, le candidat d’Alliance Pais (AP, Patria Altiva i Soberana: Patrie altière et souveraine – l’acronyme jouant sur le mot « pays » en espagnol), l’a emporté avec 51,12% des voix. Cet homme de 64 ans, paraplégique depuis une agression à main armée en 1998, va ainsi devenir le premier président équatorien à se déplacer en fauteuil roulant.

Le candidat de la droite Guillermo Lasso, 61 ans, du mouvement Créant des opportunités (Creo, « Je crée/Je crois »), a obtenu 48,88%, selon ces résultats portant sur 96,94% des suffrages et diffusés par le Conseil national électoral (CNE).

– ‘Présomptions de fraude’ –

L’ex-banquier, qui s’était auparavant déclaré vainqueur à partir de sondages de sortie des urnes, a prévenu qu’il présenterait « le plus rapidement possible toutes les objections » contre d’éventuelles irrégularités du scrutin.

« Nous allons défendre la volonté du peuple équatorien face à des présomptions d’une fraude qui a pour objectif d’installer un gouvernement qui serait, dès à présent, illégitime », a-t-il lancé à Guayaquil, sa ville natale et capitale économique du pays (ouest).

Dans une ambiance tendue, émaillée de brèves escarmouches, des centaines de partisans des deux bords s’étaient rassemblés près du CNE à Quito, réclamant des résultats rapides. Ils se sont dispersés au bout de quelques heures.

Les abords du bâtiment avaient été barrés par la police pour prévenir d’éventuels incidents, suite à la forte mobilisation de l’opposition à l’issue du premier tour le 19 février.

La victoire de Lenin Moreno, qui devrait maintenir le cap du « Socialisme du XXIe siècle » impulsé par Rafael Correa, renforce une gauche latino-américaine mise à mal après les virages à droite de l’Argentine, du Brésil et du Pérou.

Elle est aussi un soulagement pour Julian Assange, auquel M. Lasso entendait, dans le mois suivant sa prise de fonction, retirer l’asile dont bénéficie le fondateur de WikiLeaks, réfugié à l’ambassade équatorienne de Londres depuis juin 2012.

« J’invite cordialement M. Lasso à se retirer de l’Equateur dans les 30 prochains jours (avec ou sans ses millions offshore)  » (#AssangeOUILassoNON), a tweeté en espagnol Julian Assange, sous le coup d’un mandat d’arrêt européen pour un viol en Suède qu’il nie.

L’Australien craint en outre d’être extradé aux Etats-Unis où il risque de lourdes peines pour la publication de documents confidentiels militaires et diplomatiques, notamment sur les guerres en Irak et en Afghanistan.

Ce scrutin était inédit depuis la première élection en 2006 de Raphael Correa, 53 ans, réélu deux fois dès le premier tour.

Le futur président, dont le parti a obtenu la majorité absolue à l’Assemblée aux législatives du 19 février, va se retrouver à la tête d’un pays pétrolier en crise économique et endetté, suite à la chute des cours du brut, et politiquement divisé.

– Les défis du futur président –

« Moreno sera confronté à deux défis (…): un fort discrédit (du corréisme) et une situation économique de vaches maigres », a déclaré le politologue Esteban Nicholls, de l’Université andine d’Equateur. « Il va devoir faire des ajustements car s’endetter davantage est chaque fois plus difficile. Il pourrait instaurer de nouveaux impôts, mais cela génèrerait des tensions dans certains secteurs », a-t-il ajouté.

L’économiste Rafael Correa – qui prévoit d’aller vivre et enseigner en Belgique, pays de son épouse – a mis à profit la manne pétrolière pour moderniser l’Equateur et réduire les inégalités sociales. Mais il lui est reproché de l’avoir gaspillée et de s’être trop souvent confronté aux milieux d’affaires, aux médias et aux multinationales, outre des accusations de corruption qui ont éclaboussé son gouvernement.

Après l’annonce des résultats, il s’est uni à la fête des sympathisants d’AP, montant même sur scène pour entonner le chant révolutionnaire « Venceremos », le poing levé.

« Le pays reste dans de bonnes mains », a-t-il lancé, tandis que Lenin Moreno brandissait une pancarte « Correa tu vas nous manquer », avant de pousser aussi la chansonnette.

Par Guylain Gustave Moke

BIRMANIE: Le NLD remporte de nombreux sièges lors des législatives partielles

Le gouvernement d’Aung San Suu Kyi, qui peine à relancer la Birmanie, a remporté de nombreux sièges lors des législatives partielles, mais a été battu dans des régions habitées par les minorités ethniques, selon les résultats annoncés dimanche.

Les élections de samedi étaient considérées comme un premier test électoral pour la « Dame de Rangoun » et son parti, la Ligue nationale pour la démocratie (NLD), après un an d’exercice du pouvoir. 

Pendant des décennies, la Birmanie a vécu sous la dictature militaire et rêvé de démocratie. Les attentes des Birmans étaient donc très fortes après les élections historiques de novembre 2015 qui ont porté au pouvoir Aung San Suu Kyi.

Après une année au sommet de l’Etat, Suu Kyi reste une figure très largement adulée mais des dents commencent à grincer.

Le processus de paix est au point mort et les perspectives économiques ne sont pas bonnes. La croissance ralentit et l’investissement étranger devrait diminuer pour la première fois en quatre ans, tandis que le pouvoir d’achat des Birmans est grignoté par une inflation à deux chiffres.

La majorité parlementaire de la NLD n’était pas menacée par les élections de samedi, qui visaient à pourvoir 19 sièges essentiellement laissés vacants car leurs titulaires avaient été promus au gouvernement.

La NLD a selon les premiers résultats conservé ses positions autour de Rangoun et dans les régions centrales plus au nord, s’imposant dans neuf scrutins selon Hla Thein, président de la Commission électorale de l’Union.

Mais elle a essuyé une défaite embarrassante dans des régions plus lointaines, notamment dans celles hébergeant des minorités ethniques et où la violence a persisté en dépit des promesses d’Aung San Su Kyi de rétablir la paix.

La défaite la plus embarrassante pour la NLD lui a été infligée dans l’Etat Mon (sud) par le mouvement soutenu par l’armée USDP qu’elle avait largement battu dans la même circonscription il y a un an.

Dans l’Etat de Rakhine (ouest), à nouveau déchiré par un conflit ethnique et religieux, la NLD a été battue par le leader du parti local Arakan, connu pour son intransigeance vis-à-vis de la minorité musulmane Rohingya, et qui a remporté un siège à la chambre basse du Parlement birman.

L’élite politique et économique birmane, dont le NLD et l’armée, est depuis longtemps dominée par l’ethnie majoritaire Bamar, et régulièrement accusée de vouloir écraser les cultures des minorités locales.

Ces tensions génèrent régulièrement des violences, comme dans l’état de Rakhine à nouveau déchiré depuis octobre dernier et l’émergence d’une nouvelle rébellion de la minorité musulmane Rohingya, réprimée dans le sang par l’armée.

Quelque 75.000 Rohingyas ont depuis fui ces violences militaires, que des enquêteurs de l’ONU ont qualifiées de possibles crimes contre l’humanité.

Dans le nord-est, le parti local Shan a gagné plusieurs sièges dans des régions où le vote a été annulé en 2015 en raison des violences.

Le NLD et l’USDP ont également gagné chacun un siège au Parlement régional.

Par Guylain Gustave Moke

LIBYE: L’accord de paix à Rome

Des tribus du sud de la Libye ont signé vendredi à Rome un accord de paix, qui prévoit un contrôle des 5.000 kilomètres de frontières du Sud, où agissent notamment des passeurs de migrants, a confirmé le ministère italien de l’Intérieur.

Le ministère, qui hébergeait cette rencontre, a confirmé des informations parues dimanche dans plusieurs journaux italiens, évoquant un accord en douze points conclu à l’issue d’un marathon secret de négociation de 72 heures à Rome.

« Une garde frontalière libyenne sera opérationnelle pour surveiller les frontières du sud de la Libye sur 5.000 kilomètres », a précisé le ministre italien de l’Intérieur Marco Minniti au journal La Stampa. « Sécuriser la frontière au sud de la Libye signifie sécuriser la frontière au sud de l’Europe », a-t-il ajouté. 

Ce dispositif nouveau, dont les effectifs ne sont pas encore définis, complétera au Nord l’action des garde-côtes. Quelque 90 gardes-côtes libyens sont actuellement en train d’achever leur formation sous l’égide de l’UE et l’Italie s’apprête à leur rendre 10 vedettes libyennes saisies en 2011. Ils devraient être opérationnels fin avril-début mai.

Le vaste tour de table a réuni à Rome soixante chefs de clans, notamment les chefs de la communauté toubou, de la tribu arabe des Awlad Suleiman et des Touareg. Etait également présent un représentant du gouvernement libyen d’union nationale, basé à Tripoli.

Depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, le Sud libyen est le théâtre d’une lutte fratricide entre la communauté toubou et plusieurs tribus arabes pour le contrôle des routes transfrontalières, par lesquelles transitent produits manufacturés, vivres, bétail mais aussi migrants, cigarettes, drogue et armes.

Vaste région désertique aux confins de l’Algérie, du Niger et du Tchad, le Sud libyen échappe à l’autorité de Tripoli, même si la plupart des responsables politiques et militaires ont fait allégeance au gouvernement d’union nationale de Fayez al-Sarraj.

L’initiative de médiation italienne vise à combattre « une économie basée sur les trafics illicites, qui entraîne des centaines de morts en Méditerranée, des milliers de désespérés à la recherche d’une vie meilleure, une poussée populiste (en Europe) et la menace jihadiste dans le désert », indique le document final de cette rencontre, cité par le journal Corriere della Sera.

L’accord spécifie l’engagement de mettre en place au plus tôt des opportunités de formation professionnelle pour les jeunes afin de « les éloigner de leur unique moyen de subsistance, la criminalité ».

Le Premier ministre Fayez al-Sarraj, du gouvernement libyen d’union (GNA), et son homologue italien Paolo Gentiloni ont signé le 2 février un memorandum d’accord visant à renforcer la lutte contre l’immigration clandestine depuis la Libye et prévoyant notamment la création de camps pour accueillir les migrants et les inciter à retourner dans leurs pays lorsqu’ils ne peuvent prétendre au statut de réfugié.

L’Union européenne avait indiqué dans la foulée, lors d’un sommet européen à La Vallette, qu’elle chercherait la collaboration des tribus nomades établies dans le sud de la Libye afin de limiter les flux de migrants. La grande majorité des quelque 500.000 migrants ayant atteint les côtes italiennes au cours des trois dernières années provenait de Libye.

Le 20 mars, les ministres de l’Intérieur italien, français, allemand, autrichien, slovène, suisse et maltais côté européen, libyen et tunisien côté africain, s’étaient en outre retrouvés à Rome. Selon un quotidien italien, le GNA aurait alors demandé radars, embarcations, hélicoptères et véhicules tout terrain, pour 800 millions d’euros, afin de contrôler les frontières sud et les eaux territoriales.

Par Guylain Gustave Moke

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