SOMALIE: Un kamikaze se fait exploser dans un camp militaire

Un kamikaze s’est fait exploser lundi matin dans l’un des plus grands camps militaires de la capitale somalienne Mogadiscio, faisant au moins trois morts au lendemain d’une attaque contre le nouveau chef de l’armée.

« Le kamikaze a été stoppé à l’entrée principale et s’est fait exploser. Trois soldats sont morts et plusieurs autres ont été blessés », a indiqué Abdukadir Farah, un militaire présent dans le camp au moment de l’attaque.

Un responsable militaire, le lieutenant-colonel Mohamed Abdirahman, avait auparavant précisé que le kamikaze s’était « déguisé en soldat » pour entrer dans le camp situé dans le sud de Mogadiscio. 

Cet attentat-suicide a été revendiqué par les islamistes radicaux shebab, affiliés à Al-Qaïda, qui ont eux avancé le bilan de « dizaines de morts ».

Il survient au lendemain d’une attaque à la voiture piégée contre le nouveau chef de l’armée, Mohamed Ahmed Jimale « Irfid », qui en avait réchappé.

Un kamikaze au volant d’une voiture bourrée d’explosifs avait foncé dimanche à la mi-journée sur le convoi de celui qui avait été nommé à la tête de l’armée somalienne jeudi par le président Mohamed Abdullahi Mohamed. L’attaque, également revendiquée par les shebab, avait fait 10 morts.

Ces deux attaques sonnent comme une réponse au discours martial tenu la semaine dernière par le président Mohamed à l’occasion d’une série de nominations à la tête de l’armée, de la police et des services de renseignements.

Le président, plus connu sous son surnom « Farmajo » et dont un des principaux défis est d’améliorer la situation sécuritaire de cet Etat défaillant, avait déclaré « l’état de guerre » face aux shebab, auxquels il avait lancé un « ultimatum de 60 jours pour se rendre ».

Les shebab, qui ont juré la perte du fragile gouvernement central somalien, soutenu à bout de bras par la communauté internationale et par les 22.000 hommes de la force de l’Union africaine en Somalie (Amisom), avaient menacé à la mi-février de mener une guerre « sans merci » contre le nouveau président.

Confrontés à la puissance de feu de l’Amisom déployée en 2007, les shebab ont été chassés de Mogadiscio en août 2011. Ils ont ensuite perdu l’essentiel de leurs bastions, mais ils contrôlent toujours de vastes zones rurales d’où ils mènent des opérations de guérilla et des attentats-suicides, jusque dans la capitale.

Par Guylain Gustave Moke

EGYPTE: Sissi annonce  »l' »état d’urgence pour trois mois »

Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a annoncé dimanche soir l' »état d’urgence pour trois mois », après des attentats à la bombe contre deux églises coptes qui ont fait 44 morts.

Selon la constitution égyptienne, le chef de l’Etat doit encore soumettre la question au Parlement sous une semaine pour obtenir son accord. L’hémicycle est dominé par les partisans du président Sissi, qui dirige le pays d’une main de fer depuis qu’il a destitué en 2013 son prédécesseur islamiste Mohamed Morsi.

Le chef de l’Etat s’exprimait lors d’une conférence de presse au palais présidentiel au Caire, quelques heures après les deux attaques revendiquées par le groupe jihadiste Etat islamique (EI). 

« Il y a une série de procédures qui vont être prises, en premier lieu un état d’urgence de trois mois », a annoncé le président, le visage grave, précisant que la mesure avait été prise pour « protéger » et « préserver » le pays.

L’Etat d’urgence élargit considérablement les pouvoirs de la police en matière d’arrestation, de surveillance, et peut imposer des restrictions à la liberté de mouvement.

L’Egypte a été durant trente ans sous état d’urgence, qui n’a été annulé qu’un mois avant l’arrivée au pouvoir du président islamiste Mohamed Morsi, en 2012.

Son abrogation était l’une des demandes principales des militants qui ont mené la révolte de 2011 contre Hosni Moubarak.

Après la destitution de M. Morsi à l’été 2013, l’état d’urgence a été décrété durant un mois, alors que les forces de sécurité réprimaient dans le sang les partisans islamistes de l’ancien président, et que des églises et propriétés chrétiennes étaient attaquées.

Une partie du nord de la péninsule du Sinaï, où l’EI est très actif, est déjà sous état d’urgence.

Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a aussi demandé dimanche à l’armée de déployer des forces pour protéger les « infrastructures vitales » du pays. Il a réclamé « le déploiement immédiat d’unités de protection de l’armée pour aider la police à sécuriser les infrastructures vitales et importantes dans toutes les provinces du pays », a indiqué la présidence dans un communiqué.

Deux attentats à la bombe revendiqués par l’EI ont visé dimanche des églises coptes en Egypte, faisant au moins 43 morts, trois semaines avant une visite du pape. A Alexandrie, le pape copte orthodoxe Tawadros II se trouvait dans l’église visée pour la célébration des Rameaux, mais il n’a pas été blessé.

Ces nouvelles attaques contre les chrétiens égyptiens interviennent quatre mois après un attentat suicide spectaculaire, revendiqué par l’EI contre l’église Saint-Pierre et Saint-Paul du Caire. Vingt-neuf personnes avaient péri.

Les Coptes orthodoxes d’Egypte représentent la communauté chrétienne la plus nombreuse du Moyen-Orient, constituant 10% des 92 millions d’Egyptiens, et l’une des plus anciennes.

Par Guylain Gustave Moke

CAMEROUN: Peine de mort requise contre Ahmed Abba

La peine de mort a été requise jeudi par le parquet du tribunal militaire de Yaoundé à l’encontre du correspondant camerounais de Radio France Internationale (RFI), Ahmed Abba, poursuivi pour « complicité » de terrorisme, a annoncé vendredi la radio française dans un communiqué.

Le journaliste, correspondant en langue haoussa dans le nord du Cameroun visé par les attaques du groupe nigérian jihadiste Boko Haram, sera fixé sur son sort le 20 avril, date à laquelle son affaire a été mise en délibéré, a précisé RFI dans un communiqué publié sur son site. 

Lors de l’audience de jeudi, le commissaire du gouvernement, représentant du parquet, « est allé jusqu’à réclamer la peine de mort alors que la loi ne prévoit pas de réquisition de peine avant une éventuelle reconnaissance de culpabilité », a ajouté RFI qui met de nouveau en avant « l’absence de preuve » contre son journaliste.

Selon la radio publique française, très écoutée en Afrique, l’audience de jeudi « a donné lieu à un réquisitoire-éclair dans lequel le commissaire du gouvernement a maintenu les chefs d’accusation de +non-dénonciation d’actes de terrorisme, apologie et blanchiment+ ». Pendant « trois heures », les avocats du journaliste « ont littéralement déconstruit le dossier, prouvant qu’aucun élément de preuve n’a jamais été apporté par l’accusation et qu’aucune des infractions n’est constituée ».

Les avocats du journaliste ont demandé que les juges le déclarent « non coupable » et l’acquittent purement et simplement.

« La direction de RFI ne peut douter que (le) jour (du verdict) sera celui où l’innocence d’Ahmed Abba sera reconnue, et qu’il sera aussi le dernier jour de son calvaire », a commenté la radio, ajoutant : « 628 jours de détention, c’est décidément trop long pour un innocent! ».

Ahmed Abba avait été arrêté fin juillet 2015 à Maroua, dans l’extrême-nord du Cameroun, avant d’être transféré à Yaoundé où il est depuis détenu.

Le parquet estime qu’il a « collaboré » avec des islamistes de Boko Haram. Ahmed Abba a toujours clamé son innocence.

Fin juin 2014, une loi antiterroriste très controversée est entrée en vigueur au Cameroun, prévoyant notamment la peine de mort pour les personnes reconnues coupables d’actes de terrorisme ou de complicité.

Depuis, des dizaines de personnes ont été condamnées à la peine capitale pour terrorisme. Le code pénal camerounais prévoyait déjà cette peine pour les coupables de meurtres et d’assassinats, mais aucune exécution n’a eu lieu depuis le milieu des années 1980.

Par Guylain Gutsave Moke

RD CONGO: Kinshasa ville fantôme ou ville morte?

Kinshasa était transformée en ville fantôme lundi matin alors que le parti historique d’opposition a appelé à manifester dans toutes les villes congolaises contre le président Joseph Kabila.

Vers 08h00 (07h00 GMT), les rues de la bouillonnante capitale de la République démocratique du Congo habituée aux violences à caractère politique étaient quasi-désertes et les commerces tardaient à ouvrir.

La circulation était presque inexistante dans de nombreux quartiers. Quelques rares bus publics roulaient, bondés, tandis que des files d’attente se formaient à plusieurs arrêts en l’absence de transports en commun privé. 

A l’échelle de la ville, la présence policière et militaire était peu visible, mais une trentaine de policiers militaires et autant de policiers antiémeute étaient déployés au rond-point Ngaba, dans le sud, près de l’Unikin, l’Université de Kinshasa.

L’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), parti de l’opposant historique Étienne Tshisekedi, décédé en février à l’âge 84 ans, a appelé la population à manifester lundi dans toutes les villes du Congo contre le président Kabila.

Félix Tshisekedi, fils d’Étienne qui briguait ouvertement le poste de Premier ministre, a accusé dimanche M. Kabila d’être « le principal obstacle au processus démocratique » après que le chef de l’État eut annoncé vendredi la nomination à la tête du gouvernement de Bruno Tshibala, dissident de l’UDPS.

Plutôt que de rester en RDC pour manifester, M. Tshisekedi s’est envolé dimanche après-midi pour Addis Abeba. La police a annoncé dimanche soir que toute marche à caractère politique était interdite ce lundi sur l’ensemble du pays et que « tout attroupement de plus de dix personnes [serait] dispersé ».

La RDC traverse une crise politique depuis la réélection de M. Kabila en 2011 lors d’une présidentielle entachée de fraudes massives. Les tensions sont encore montées avec son maintien au pouvoir après le 20 décembre, date à laquelle a expiré son deuxième et dernier mandat constitutionnel, dans un climat de violences généralisées ayant fait des dizaines de morts dans le pays.

Sous l’égide de l’Église catholique, opposition et majorité ont signé le 31 décembre un accord prévoyant le maintien au pouvoir de M. Kabila jusqu’à l’entrée en fonctions d’un successeur devant être élu en 2017 en échange de la nomination d’un premier ministre issu de l’opposition.

Après des mois de tergiversations sur le partage des postes entre les signataires de l’accord, M. Kabila, qui n’a pas signé l’accord de la Saint-Sylvestre, a nommé M. Tshibala, ce que l’UDPS a qualifié samedi de « récompense à la trahison ».

Par Guylain Gustave Moke

ITALIE: Le M5S aux limites de la démocratie directe

Alors qu’il aspire à gouverner l’Italie, le Mouvement 5 étoiles (M5S, anti-système) est aujourd’hui confronté aux limites de la démocratie participative directe, un principe sur lequel il a fondé sa stratégie d’accession au pouvoir.

C’est sur son portail internet baptisé « Rousseau », en référence au philosophe français du XVIIIème siècle, que les militants sont invités à participer à l’élaboration du programme, à la rédaction des projets de loi et à la désignation de tous les candidats.

Imaginé par Gianroberto Casaleggio (décédé l’année dernière), expert en informatique et cofondateur du M5S avec le comique Beppe Grillo, « Rousseau », sorte de tour de contrôle du mouvement, est présenté comme un outil d’avant-garde en matière de démocratie directe. 

Mais il est aussi critiqué, en particulier par des transfuges du mouvement, pour son manque de transparence et pour l’emprise des dirigeants du mouvement sur l’ensemble du système.

D’autant que le tonitruant Beppe Grillo a toujours le dernier mot et peut rejeter un projet de loi validé par les militants, comme cela a été le cas pour les unions civiles, ou un candidat désigné, comme à Milan l’année dernière et cette année à Gênes.

Dans cette ville du nord-ouest de l’Italie, Marika Cassimatis était sortie gagnante de la consultation en ligne des adhérents locaux pour la municipale de juin, avant d’être désavouée au motif qu’elle et certains de ses soutiens auraient eu « des comportements contraires aux principes du mouvement ».

Les militants n’en sauront pas plus et face aux questions posées, le « garant » du mouvement, comme Beppe Grillo aime à se faire appeler, a simplement rétorqué: « Si quelqu’un ne comprend pas ce choix, je lui demande de me faire confiance ». Il n’en fallait pas plus pour que certains militants et élus locaux fassent aussitôt sécession.

D’une manière générale, le choix des candidats aux élections est jugé souvent hasardeux. Elue maire de Rome l’an passé à seulement 37 ans, Virginia Raggi avait été désignée sur la base de deux courtes vidéos en ligne, parmi plus de 200 candidats…

Mais après neuf mois de mandat marqués par des démissions à la chaîne dans son équipe et des affaires de corruption, beaucoup de Romains — qui l’avaient élue avec 67% des voix — regrettent son inexpérience, voire son incompétence face aux nombreux défis de la Ville éternelle.

« Ce que nous montre l’expérience du M5S, c’est que la démocratie électronique ne fonctionne pas, en particulier parce qu’elle peut donner lieu à toutes sortes de manipulations aussi bien sur le plan technique qu’idéologique », explique Leonardo Morlina, professeur de sciences politiques à l’Université des études sociales de Rome.

« L’exemple de Gênes est symptomatique. On ne sait pas vraiment pourquoi le choix des militants n’a pas été validé. Il faut s’en tenir à l’explication de Beppe Grillo, ce qui pose un problème de démocratie interne », ajoute-t-il.

– Succès électoraux –

Né en 2009 avec une promesse de renouveau, des idéaux de transparence et de probité, le M5S s’est construit sur ce principe de démocratie participative directe. Anti-euro et anti-immigration, il fait désormais quasiment jeu égal dans les sondages avec le Parti démocrate au pouvoir, autour de 30% des intentions de vote.

« Le nombre de participants à ses consultations en ligne est très inférieur au nombre réel de ses électeurs », analyse Gianfranco Pasquino professeur émérite de sciences politiques à l’université de Bologne. Le M5S compte plusieurs millions d’électeurs, mais seulement 140.000 inscrits sur « Rousseau ». Par ailleurs, moins du quart de ces inscrits participent en moyenne aux consultations lancées sur le site.

Une décalage qui prouve, selon lui, que cette pratique ne présente que « peu d’intérêt d’un point de vue démocratique », les urnes restant le meilleur baromètre de l’adhésion au mouvement.

Et en ce domaine, le mouvement a engrangé les succès électoraux: il compte 160 élus au Parlement et dirige une trentaine de villes, dont Rome et Turin.

Mais outre les critiques sur la fiabilité de ses consultations en ligne, le M5S a aussi été accusé de diffuser des fausses informations ou des théories conspirationnistes sur la toile via un réseau de sites parmi lesquels le blog de Beppe Grillo, l’un des plus suivis d’Italie, tous supervisés par la Casaleggio Associati, une société de conseil informatique créée par Gianroberto Casaleggio.

« Pour l’instant, tout cela reste sans conséquences sur l’électorat +Cinq Etoiles+, dont le rejet des partis traditionnels est tel qu’il lui permet de rester haut dans les sondages », conclut toutefois M. Pasquino.

Par Guylain Gustave Moke

SUEDE: Stockholm s’unit contre le terrorisme

En attendant de communier pendant une minute de silence, lundi, des dizaines de milliers de Suédois ont manifesté leur rejet du terrorisme à Stockholm dimanche, après l’attentat meurtrier au camion bélier perpétré, selon la police, par un Ouzbek affichant des « sympathies » jihadistes.

« Nous vaincrons »: derrière ce slogan, entre 20.000, selon la mairie, et 50.000 personnes, selon les organisateurs, ont participé à la « manifestation pour l’amour » initiée sur Facebook après qu’un camion a foncé vendredi après-midi dans la foule sur l’artère piétonne la plus fréquentée de Stockholm, un mode opératoire rappelant celui d’autres attaques revendiquées par le groupe État islamique (EI). 

Lundi, un hommage national officiel sera rendu aux quatre morts et aux quinze blessés de cet attentat au camion bélier, via une minute de silence à travers tout le pays, à 12h00 (10h00 GMT), a annoncé le Premier ministre Stefan Löfven, qui a par ailleurs décidé un renforcement des contrôles aux frontières.

Parallèlement à ces premières manifestations collectives de souvenir et de deuil, l’enquête se poursuit et le profil du principal suspect de l’attentat se précise. Si la police suédoise n’a toujours pas donné son nom, la presse l’a identifié comme étant Rakhmat Akilov, un ouvrier et père de famille.

Selon la police, cet Ouzbek de 39 ans, arrêté quelques heures après le drame et placé en garde à vue, était entré en clandestinité pour éviter son expulsion après le rejet l’an dernier de sa demande de permis de séjour.

– « Il n’était plus localisable » –

Il affichait « des sympathies pour des organisations extrémistes, dont l’État islamique », a déclaré dimanche un chef de la police nationale, Jonas Hysing, au cours d’une conférence de presse.

Soupçonné d’avoir conduit le poids lourd volé qui a foncé dans la foule avant d’aller s’encastrer dans la façade d’un grand magasin, il est passé aux aveux lors de sa garde à vue et s’est dit « satisfait de ce qu’il a fait », selon le quotidien Expressen.

Le suspect principal, déjà connu des services de renseignement suédois pour des faits qu’on ignore, avait demandé un permis de séjour en 2014 mais l’Office des migrations l’avait débouté en juin 2016.

« En décembre 2016, l’Office des migrations l’a informé qu’il avait quatre semaines pour quitter le pays. En février 2017, la police a été saisie pour faire exécuter la décision parce qu’il n’était plus localisable », a précisé M. Hysing.

Les autorités avaient finalement perdu sa trace jusqu’à l’attentat de vendredi.

Des connaissances indiquaient dans la presse dimanche que l’homme, qui travaillait dans le bâtiment, ne semblait pas radicalisé. « Il faisait la fête et buvait », selon un proche.

Selon la police, des composants possibles d’un engin explosif ont été découverts dans la cabine du camion qui avait été volé à un livreur.

Dimanche, un deuxième suspect a été arrêté et placé en garde à vue, a indiqué la juge Helga Hullman du tribunal de Stockholm, sans préciser les liens entre les deux individus.

– « La peur ne peut régner » –

L’attentat, dont la méthode rappelle celle employée à Nice (sud-est de la France), Berlin et Londres, a profondément bouleversé un pays qui met en avant ses valeurs d’ouverture et de tolérance.

« Je trouve très important de rester forts ensemble contre tout ce qui veut changer notre société fondée sur la démocratie », a confié Marianne, très émue.

Bras dessus, bras dessous près de drapeaux suédois en berne, la foule a observé une première minute de silence dimanche. « La peur ne peut régner, le terrorisme ne peut jamais gagner », a lancé la maire de Stockholm, Karin Wanngård.

« Nous ne répondons pas avec la peur, nous répondons avec l’amour », proclamait un panneau brandi par une femme voilée.

Sur les quatre victimes, deux sont de nationalité suédoise, une britannique et la dernière belge, a révélé la police.

Les deux premières sont une fillette de 11 ans qui rentrait de l’école, a indiqué son entourage, et une femme du sud-ouest de la Suède, selon un média local. Le chef de la diplomatie belge, Didier Reynders, a de son côté indiqué que la victime belge était une femme tandis qu’à Londres, le Foreign Office a identifié le disparu comme étant Chris Bevington, un dirigeant de Spotify de 41 ans.

Parmi les blessés, neuf étaient encore hospitalisées dimanche, dont quatre dans un état grave, selon les autorités sanitaires.

Par Guylain Gustave Moke

SERBIE: Vucic accusé de fraude par son principal adversaire

Un candidat indépendant pro-européen à l’élection présidentielle serbe du 2 avril a dénoncé dimanche des « irrégularités scandaleuses » lors du scrutin remporté par le Premier ministre Aleksandar Vucic, qui a réfuté ces accusations.

La commission électorale, qui a aussitôt publiquement recompté les voix des bureaux de vote contestés, a aussi rejeté les accusations du candidat de centre gauche, Sasa Jankovic, les qualifiant d' »absolument inacceptables ».

Des manifestations rassemblant quotidiennement plusieurs milliers de personnes, notamment des étudiants, sont organisées depuis une semaine à Belgrade et dans plusieurs autres villes du pays pour protester contre l’élection de M. Vucic dès le premier tour. 

Mais c’est la première fois qu’un des adversaires du Premier ministre dénonce ouvertement des « irrégularités » dans le scrutin.

Le camp de Sasa Jankovic, principal rival d’Aleksandar Vucic et qui a obtenu 16% des voix, a indiqué plus tôt dans la journée qu’il disposait des « preuves sur les irrégularités graves dans le processus électoral », en accusant M. Vucic d’avoir « potentiellement volé 319.000 voix ».

Ils ont porté ces accusations après avoir recompté vendredi, avec l’aval de la commission électorale, les voix sur un échantillon de 25 sacs avec les bulletins. Ils affirment que la commission électorale a accordé à Aleksandar Vucic 964 voix de plus, dans les bureaux concernés, que le nombre de bulletins recomptés, dont près de 800 dans deux bureaux de vote à Novi Pazar (sud-ouest).

« Les irrégularités que nous avons remarquées à la faveur de ce recomptage sont scandaleuses », ont-ils déclaré dans un communiqué.

En réagissant aux accusations, M. Vucic a déploré « une mathématique ridicule » de son adversaire. « Lorsque les hommes politiques en Serbie ne peuvent pas, avec leur programmes et leurs plans, obtenir la confiance du peuple, alors ils se servent de mensonges le plus grossiers », a-t-il déclaré en conférence de presse.

M. Vucic a appelé la commission électorale à rouvrir les sacs contestés devant les journalistes, ce qui a finalement été fait.

« Nous avons constaté que ce n’est pas vrai (…) et avons établi qu’il s’agit de seulement quatre voix (irrégulières, ndlr), ce qui peut être attribué à une erreur technique », a ensuite déclaré le président de la commission électorale, Vladimir Dimitrijevic, accusant « certains candidats » d’avoir relayé des « mensonges absolus ».

Aleksandar Vucic, qui veut arrimer son pays à l’Union européenne, est un ancien ultranationaliste converti au centre droit. Premier ministre depuis 2014, il a remporté la victoire dès le premier tour de l’élection présidentielle avec 55% des suffrages, devançant largement les dix autres candidats.

Par Guylain Gustave Moke

ESPAGNE: Que reste-t-il de l’ETA?

L’organisation séparatiste basque ETA a renoncé à la violence en 2011 et assure avoir rendu ses armes. Il n’en resterait qu’une poignée de militants et un sigle que beaucoup veulent oublier en Espagne, même si le séparatisme basque n’a pas disparu.

Euskadi Ta Askatasuna (« Patrie basque et Liberté »), fondée le 31 juillet 1959, est la « dernière organisation terroriste née en Europe » qui n’a pas encore complètement disparu, souligne Gorka Landaburu, journaliste, victime d’un de ses attentats en 2001.

Née dans la lutte contre le franquisme, proche d’autres organisations d’extrême gauche comme les Brigades rouges en Italie et Action directe en France, mais aussi l’Armée républicaine irlandaise (IRA), l’ETA leur a survécu pendant des années, rappelle le directeur de la revue Cambio16. 

Après la mort du dictateur espagnol Francisco Franco, accusé de réprimer la culture basque, elle a même intensifié ses attentats, entraînée dans une spirale de haine à laquelle ont aussi participé des groupes d’extrême droite et parapoliciers, dont les GAL.

Une étude commandée par le gouvernement régional basque, « Foronda », montre qu’une grande majorité de ses crimes est intervenue sous la démocratie : 43 assassinats sous la dictature, le reste des 829 morts après. Les GAL et l’extrême droite ont fait 62 morts.

Le quotidien de l’Espagne dans les années 1980 était marqué par le terrorisme : attentats, enlèvements, rackets.

– L’exécution de trop –

Jusqu’à l’enlèvement puis l’exécution en juillet 1997 de Miguel Angel Blanco, un conseiller municipal conservateur de 29 ans : suivi par toute l’Espagne, il avait donné naissance au mouvement « Basta ya » contre la violence, mobilisant des millions d’Espagnols dans les rues.

L’ETA n’a renoncé définivement à la violence qu’en octobre 2011. Elle n’avait pas depuis remis les armes, exigeant encore une négociation sur le sort de ses membres et prisonniers pour obtenir des amnisties, des rapprochements de détenus et libérations conditionnelles, notamment des plus malades.

Désormais, « l’ETA doit réfléchir aux modalités de sa disparition », déclare le secrétaire pour la paix du gouvernement basque Jonan Fernandez, au coeur des négociations qui ont permis la remise des armes, qui s’exprime rarement.

L’indépendantiste Arnaldo Otegi, ex-membre éminent de la branche politique de l’ETA, l’a dit aussi à demi-mot : « L’ETA doit entamer un débat entre militants sur son propre avenir ».

L’ETA n’est plus qu’un « vase chinois encombrant », qui dérange même la gauche indépendantiste basque, lui faisant perdre du terrain électoralement, explique une autre source proche du processus de désarmement.

Selon cette source, sa dissolution pourrait se produire au cours de l’année 2017.

L’ETA, qui aurait encore une vingtaine de militants clandestins libres, n’agira cependant pas du jour au lendemain, estime ce spécialiste. Il lui faudra terminer un débat interne sur ses détenus: doivent-ils demander des libérations conditionnelles ou refuser toute concession au nom de la solidarité entre « etarras » ? Puis, une fois ce sujet tranché, envisager la dissolution.

De son côté, le gouvernement conservateur de Mariano Rajoy – qui fait face à l’indépendantisme catalan et a besoin d’apaiser les tensions avec les régions – pourrait aussi, à la demande du gouvernement basque, accepter de rapprocher des détenus incarcérés loin du Pays basque, estime Gorka Landaburu.

Reste la justice. « Près de 40% des assassinats n’ont pas été résolus », dit l’eurodéputée Maite Pagazaurtundua, une des fondatrices de Basta Ya, qui lutte contre l’oubli des victimes.

Et enfin la politique. La coalition de gauche indépendantiste basque EH Bildu est la deuxième force politique au Pays basque. Près de 17% des Basques veulent l’indépendance et 42% davantage d’autonomie, selon un sondage réalisé fin 2016 par l’institut MyWord.

Dans les rues du Pays basque, « la société a évolué beaucoup plus vite que les politiques » vers l’apaisement, constate de son côté Elena Arrambari, actrice, qui a monté des pièces visant amener les habitants à se pencher sur ce passé. Mais « il y a encore beaucoup de chemin à parcourir », souligne-t-elle en évoquant deux événements récents : la condamnation à une peine de prison d’une tweeteuse pour des blagues sur l’assassinat par l’ETA d’un chef de gouvernement franquiste, Luis Carrero Blanco, et l’agression de gardes civils en Navarre. « Les gens veulent tourner la page vite, mais il reste beaucoup de haine et ça, il faut s’en occuper », dit-elle.

Par Guylain Gustave Moke

MONDE: Les chrétiens au Moyen-Orient

Les chrétiens d’Orient sont enracinés au Moyen-Orient depuis les débuts du christianisme, constituant des communautés minoritaires, mais ils sont confrontés à des conflits meurtriers dans la région.

Celles-ci se singularise par l’extrême diversité des rites qui y ont vu le jour et qui s’y pratiquent encore.

– Egypte –

Les Coptes orthodoxes, cibles dimanche de deux attentats revendiqués par le groupe Etat islamique (EI), constituent la communauté chrétienne la plus nombreuse du Moyen-Orient et l’une des plus anciennes. 

Les Coptes représentent 10% des plus de 92 millions d’Egyptiens et sont présents dans tout le pays, avec des concentrations plus fortes en Moyenne-Egypte. Ils sont faiblement représentés au gouvernement et se disent marginalisés.

Les Coptes sont de longue date la cible de violences, qui se sont aggravées depuis l’apparition de groupes jihadistes comme l’EI.

– Irak –

Les Chaldéens représentent la majorité des chrétiens d’Irak. Forte de plus d’un million de personnes –dont plus de 600.000 à Bagdad– avant la chute de Saddam Hussein en 2003, la communauté chrétienne s’est réduite à moins de 350.000 âmes, beaucoup ayant fui les violences qui ensanglantent le pays depuis.

En effet, à partir de l’été 2014, les chrétiens de Mossoul, deuxième ville du pays, ont fui en masse l’offensive de l’EI qui a pris le contrôle de pans entiers du pays. Des dizaines de milliers d’autres, la plupart fidèles de l’Eglise catholique chaldéenne, les ont suivis sur les routes de l’exode.

Selon des témoignages de réfugiés, les jihadistes obligeaient les chrétiens à choisir entre la conversion à l’islam ou le paiement d’une forte taxe, en les menaçant de mort. L’EI commet des attaques contre tous ceux qu’elles jugent hérétiques en Irak: chrétiens, musulmans chiites, yazidis….

Qaraqosh, qui était la plus grande agglomération chrétienne d’Irak, a été reprise à l’EI en octobre 2016.

– Syrie –

En Syrie, dévastée par six ans de guerre, les chrétiens représentent entre 5 et 9% de la population (plus de 22 millions d’habitants).

Les chrétiens se sont largement tenus à l’écart d’un conflit qui a fait plus de 320.000 morts, mais nombre d’entre eux ont pris le parti du président Bachar al-Assad, notamment par crainte de l’islamisme de certains groupes rebelles.

Ils ont été pris pour cibles par les jihadistes de l’EI qui ont procédé à des enlèvements de masse et détruit des églises.

Selon l’évêque chaldéen d’Alep (nord), Mgr Antoine Audo, il ne resterait que 30.000 chrétiens sur les 160.000 qui vivaient à Alep, une ville ravagée par les combats et dont le régime a repris les quartiers rebelles après une violente campagne de bombardements. La moitié des 1,5 million de chrétiens de Syrie auraient quitté le pays, selon lui.

– Liban –

Les chrétiens libanais sont la deuxième plus importante communauté chrétienne du Moyen-Orient après les Coptes d’Egypte. Le Liban est le seul pays de la région à être traditionnellement dirigé par un président chrétien, alors que tous les autres chefs d’Etat du monde arabe sont musulmans. Le système libanais est construit sur un partage du pouvoir fondé sur des quotas communautaires. Depuis l’indépendance en 1943, il garantit une parité inédite dans la région entre musulmans et chrétiens. La communauté chrétienne est devenue minoritaire au fil des décennies.

– Territoires palestiniens –

En Cisjordanie occupée et à Jérusalem, on dénombre près de 50.000 chrétiens, principalement implantés à Bethléem et Ramallah.

Lieu de naissance du Christ selon la tradition, Bethléem, à majorité chrétienne il y a un demi-siècle, est aujourd’hui à majorité musulmane. Mais les chrétiens ont un rôle central dans d’importants secteurs économiques.

Dans la bande de Gaza, leur nombre est en baisse régulière, notamment après la prise du pouvoir par le mouvement islamiste Hamas en 2007.

– Jordanie –

Les chrétiens représentent 6% de la population jordanienne, évaluée à 9,5 millions d’habitants. Des chrétiens occupent des postes élevés et ont droit à une représentation parlementaire.

Par Guylain Gustave Moke

Pékin-Washington: Le sommet Trump-Xi

Le premier sommet prévu jeudi aux Etats-Unis entre Donald Trump et Xi Jinping est « d’une importance capitale » pour l’avenir des relations bilatérales, ont convenu les deux pays, après la défiance affichée ce week-end par le président américain.

Le conseiller d’Etat chinois Yang Jiechi, véritable chef de la diplomatie chinoise (au-dessus même du ministre des Affaires étrangères Wang Yi), s’est entretenu au téléphone avec le secrétaire d’Etat américain Rex Tillerson, a précisé le ministère chinois des Affaires étrangères.

Lors de cette discussion, les deux responsables ont souligné dans des formules très semblables les enjeux de ce premier sommet de l’ère Trump qui se tiendra jeudi et vendredi aux Etats-Unis. 

« C’est la priorité des deux pays, c’est d’une importance capitale pour le développement des relations bilatérales, ainsi que pour la paix, la stabilité et la prospérité en Asie et dans le monde », a martelé M. Yang, selon un communiqué du ministère chinois.

« La rencontre des deux chefs d’Etat est extrêmement importante pour l’avenir des relations sino-américaines », lui a fait écho M. Tillerson selon la même source, assurant que Washington « ne ménage pas ses efforts pour les préparatifs ».

Xi Jinping doit être reçu dans la luxueuse villa du président américain à Mar-a-Lago en Floride, un sommet censé illustrer le rapprochement entre les deux puissances sur fond de crise nucléaire avec la Corée du Nord.

Mais Donald Trump, connu pour ses réactions imprévues lors de ses entretiens diplomatiques, a soufflé le chaud et le froid, indiquant vendredi qu’il anticipait un entretien « très difficile ». « Nous ne pouvons plus avoir d’énormes déficits commerciaux (…) et des pertes d’emplois », a-t-il insisté.

Et pour enfoncer le clou, l’occupant de la Maison Blanche a demandé vendredi à son administration de recenser les pays exportateurs qui « trichent » avec les règles en place, appelant à prendre les mesures nécessaires « pour mettre fin aux abus ».

M. Trump n’a désigné aucun pays, mais il avait fait de la Chine l’épouvantail de sa campagne électorale, accusant Pékin de « manipuler » sa devise pour favoriser ses exportateurs – ce dont le géant asiatique s’est farouchement défendu.

Enfin, dans un entretien au quotidien Financial Times publié dimanche, Donald Trump s’est déclaré prêt à « régler » seul le problème du nucléaire nord-coréen… sans l’aide de la Chine.

Washington déplore ouvertement l’insuffisance des sanctions adoptées par Pékin contre Pyongyang, en dépit de l’arrêt des importations chinoises de charbon nord-coréen.

« Nous savons que (le charbon) y rentre par d’autres moyens. Nous voulons voir des actions fortes de la Chine pour condamner la Corée du Nord et non pas seulement des paroles », a balayé l’ambassadrice américaine à l’ONU, Nikki Haley, dans un entretien télévisé diffusé dimanche.

« La conversation la plus importante (entre MM. Trump et Xi) sera sur les moyens de gérer la non-prolifération de la Corée du Nord (…) Nous continuerons à mettre la pression sur la Chine « , a-t-elle ajouté, laissant augurer d’un tête-à-tête tendu entre les deux chefs d’Etat sur ce dossier.

Pékin, de son côté, s’est contenté d’afficher son optimisme, disant espérer une entrevue « réussie ».

« Les relations bilatérales sont à un tournant décisif. La position de l’administration Trump sur la Chine n’est pas encore fixée, on observe des débats internes », commente Li Haidong, professeur à l’Université chinoise des Affaires étrangères, cité dans la version chinoise du quotidien Global Times. « Cette rencontre au sommet peut contribuer à éliminer cette imprévisibilité », a-t-il estimé.

Par Guylain Gustave Moke

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