ETATS-UNIS: L’administration Trump veut financer son mur

L’administration du président Donald Trump a réaffirmé dimanche que le financement de son mur à la frontière mexicaine est une condition à l’approbation du budget américain, quitte à risquer une paralysie du gouvernement en cas d’échec des négociations.

Le milliardaire républicain espère que le Congrès approuvera dans les jours qui viennent une partie du financement de ce mur, promesse phare de sa campagne, avant d’entériner lui même le budget. Faute d’accord, le gouvernement risque d’être paralysé samedi prochain, à l’occasion du 100e jour du magnat new-yorkais à la Maison Blanche, ce qui engendrerait la fermeture de facto d’agences gouvernementales. 

Le directeur du Budget, Mick Mulvaney, a tendu la main à l’opposition démocrate, assurant que la Maison Blanche était prête à lâcher du lest sur la réforme de l’assurance maladie « Obamacare », pour obtenir ce financement.

A défaut, Donald Trump mettra-t-il son veto au budget? « Je ne sais pas encore », a répondu Mick Mulvaney sur Fox News. « Nous demandons à ce que nos priorités » soient financées. « La paralysie n’est pas ce que nous désirons et ce n’est pas un levier. Nous ne voulons pas en arriver là », a-t-il ajouté.

« Obamacare est en sérieux danger. Les démocrates ont besoin de beaucoup d’argent pour aller de l’avant – ou (Obamacare) mourra bien plus tôt que quiconque ne l’a prévu », a menacé Donald Trump dans un tweet dimanche après-midi.

« Les démocrates ne veulent pas que l’argent du budget aille au mur à la frontière bien qu’il va stopper la drogue et les gangs », a-t-il encore dénoncé.

A terme, a promis le 45e président américain, « le Mexique va payer, d’une manière ou d’une autre, pour le mur dont on a tant besoin ».

– Symbole –

Les démocrates ne semblent toutefois pas enclins à saisir cette opportunité.

« Penser qu’il pourrait envisager la paralysie du gouvernement américain en raison de sa proposition excentrique de mur à la frontière, (…) ce serait le comble de l’irresponsabilité », a dénoncé le numéro 2 démocrate au Sénat, Dick Durbin, sur CNN.

De son côté, le ministre de la Sécurité intérieure John Kelly a estimé sur CBS que le financement du mur « valait certainement le coup de mener une dure négociation ».

« Cela nous aidera à réaliser la promesse que le président a faite au peuple américain », a abondé le ministre de la Justice, Jeff Sessions, sur ABC.

Le bras de fer engagé est d’autant plus crucial pour Donald Trump que ce dernier n’a à ce stade aucune grande mesure à son actif, à moins d’une semaine de la date symbolique de son centième jour au pouvoir.

A cette occasion, la Maison Blanche a prévu une série d’événements toute la semaine, qui culminera avec un grand rassemblement sur son thème fétiche, « l’Amérique d’abord » et un discours samedi prochain.

Régulièrement, le spectre d’une paralysie du gouvernement fédéral est brandie lors des négociations sur le budget aux Etats-Unis. Souvent évitée, elle est toutefois devenue réalité à quelques reprises ces dernières années, notamment en 2013 déjà sur fond d’affrontement politique concernant « Obamacare », mesure emblématique du mandat de Barack Obama. La paralysie avait alors duré 16 jours.

Par Guylain Gustave Moke

Corée du Nord-Etats Unis: Le président chinois Xi Jinping appelle lundi à la « retenue »

Le président chinois Xi Jinping a appelé lundi à la « retenue » vis-à-vis de la Corée du Nord lors d’un entretien téléphonique avec son homologue américain Donald Trump, avant l’arrivée prévue d’un porte-avions de l’US Navy au large de la péninsule coréenne.

Cette conversation intervient sur fond de tensions croissantes entre la Corée du Nord et les États-Unis. Pyongyang pourrait par ailleurs mener mardi un nouvel essai nucléaire ou balistique, pour marquer les 85 ans de son armée.

La Chine « espère que toutes les parties fassent preuve de retenue et s’abstiennent de toute action de nature à aviver les tensions dans la péninsule », a déclaré M. Xi, selon un communiqué du ministère chinois des Affaires étrangères.

Donald Trump avait promis il y a quelques semaines de « traiter » le « problème » du programme nucléaire nord-coréen et annoncé que le porte-avions américain Carl Vinson faisait route vers la péninsule coréenne. 

La Corée du Nord s’était engagée à « répliquer à toute attaque nucléaire par une attaque nucléaire ».

« Le seul moyen de résoudre le plus vite possible la question du nucléaire nord-coréen et de réaliser la dénucléarisation de la péninsule, c’est que chaque partie concernée assume ses responsabilités », a déclaré lundi Xi Jinping à Donald Trump.

Il s’agit de la deuxième conversation téléphonique entre MM. Xi et Trump depuis leur rencontre début avril dans la résidence du président américain en Floride.

Aux yeux des Etats-Unis, la Chine est le principal soutien économique et diplomatique de la Corée du Nord, et a donc le poids nécéssaire pour la faire revenir à la raison. Pékin nie avoir tant d’influence et réplique régulièrement que le conflit concerne principalement Washington et Pyongyang, et qu’il appartient donc à ces deux pays de dialoguer.

Donald Trump s’est également entretenu ce lundi avec le Premier ministre japonais Shinzo Abe à propos de la Corée.

Devant la presse, M. Abe a déclaré avoir rappelé au président américain que le programme nucléaire et balistique nord-coréen posait « une menace extrêmement grave au Japon et à la communauté internationale ».

Le chef du gouvernement japonais s’est félicité que l’administration Trump ait souligné que « toutes les options soient sur la table » face à Pyongyang. « Nous sommes entièrement d’accord pour exiger fermement la retenue de la part de la Corée du Nord », a-t-il dit.

Des manœuvres ont commencé dimanche entre le porte-avions Carl Vinson et la marine japonaise, selon M. Abe.

Par Guylain Gustave Moke

RD CONGO: Bruno Tshibala compte financer les élections avec des ressources internes

Le nouveau Premier ministre congolais Bruno Tshibala a déclaré mardi qu’il comptait financer les élections pour désigner le successeur du président Joseph Kabila avec des ressources « internes ».

« Nous allons mettre tout en œuvre pour mobiliser les ressources financières internes en vue de financer les élections », a déclaré à Kinshasa le nouveau Premier ministre congolais, ajoutant qu’il ne voyait « pas d’inconvénients à ce qu’il y ait un appoint qui viendrait des (…) partenaires extérieurs » dans le financement des élections considérées comme « la priorité des priorités » de son gouvernement. 

Mais pour le principal allié de M. Tshibala, Joseph Olenghankoy, chef de la dissidence du Rassemblement –la coalition créée par l’opposant historique Étienne Tshisekedi décédé le 1er février à Bruxelles–, « la priorité est de répondre aux besoins (du) peuple notamment dans le social, dans la sécurité » avant de procéder à l’organisation des élections, a-t-il déclaré après avoir été consulté avec son groupe par le Premier ministre sur la formation de la nouvelle équipe gouvernementale.

Dans une adresse à la nation devant le congrès, il y a une semaine, le président congolais Joseph Kabila avait déclaré que « les élections auront bel et bien lieu » excluant toute possibilité d’ingérence étrangère dans le pilotage et le déroulement du processus.

M. Tshibala, exclu quelques jours avant du Rassemblement, a été nommé Premier ministre vendredi dans le cadre de l’accord conclu le 31 décembre par la majorité et l’opposition, sous l’égide de l’épiscopat congolais, après trois mois de tergiversations sur le partage des postes entre les signataires.

Ce compromis politique prévoit le maintien de M. Kabila à la tête du pays jusqu’à l’entrée en fonction d’un successeur élu lors d’une présidentielle prévue avant fin 2017, mais devenue incertaine. En contre partie, le poste du Premier ministre du gouvernement élargi revenait à l’opposition.

État continent au cœur de l’Afrique dévasté par deux guerres entre 1996 et 2003, la RDC n’a connu aucune transition démocratique du pouvoir depuis son indépendance de la Belgique en 1960.

Par Guylain Gustave Moke

NIGER: Manifestation d’étudiants

Une centaine de personnes dont 21 policiers, ont été blessées lundi lors d’une manifestation d’étudiants, selon un bilan officiel mardi qui fait aussi état d’un « mort suite à une chute », version contestée par les manifestants.

« Le bilan provisoire se présente comme suit sur l’ensemble du territoire: 313 personnes interpellées dont 57 libérées, 109 blessées dont 88 manifestants et 21 policiers », détaille un communiqué du gouvernement. 

Le communiqué « déplore le décès de Mala Bagalé », un « manifestant blessé suite à une chute ». Cette mort n’a aucun lien avec les « opérations de maintien de l’ordre » qui n’ont occasionné « aucune perte en vie humaine », insiste le communiqué.

Selon cette version, Mala Bagalé « s’est librement présenté aux forces de l’ordre » qui « lui ont rapidement porté secours en l’évacuant à l’hôpital de Niamey » où « il rendit l’âme à 17 heures ». Les autorités annoncent « l »ouverture d’une enquête » pour « déterminer les circonstances de cet accident mortel ».

En revanche, le syndicat Union des scolaires Nigériens (USN) a affirmé que Mala Bagalé, étudiant en troisième année de Sociologie, avait succombé après avoir été atteint par « une grenade lacrymogène ».

« Notre camarade discutait devant la grande porte du campus, avant même le mouvement et a reçu un tir tendu de grenade lacrymogène dans la nuque », a déclaré, Yayé Djibo, le secrétaire général adjoint de l’USN sur les radios et télévisions locales.

Lundi à Niamey, des centaines d’étudiants ont manifesté en paralysant la circulation à l’aide de pneus enflammés, de troncs d’arbres et de blocs de pierres, principalement sur la rive droite du fleuve Niger où se trouve l’université.

La manifestation a donné lieu à des affrontements avec les forces de l’ordre qui ont fait usage de grenades lacrymogènes pour disperser les manifestants qui ont riposté par des jets de pierres, selon les images diffusées par une télévision locale. Les autorités ont fermé le campus de Niamey, le plus important du Niger avec plus de 20.000 étudiants, « jusqu’à nouvel ordre ».

D’après le bilan officiel, 15 véhicules, dont 12 appartenant à la Police nationale ont également été « endommagés » et « de nombreux biens publics et privés vandalisés ».

Par Guylain Gustave Moke

GAMBIE: Mariam Jack Denton: élue présidente de l’Assemblée Nationale

Une juriste gambienne, Mariam Jack Denton, a été élue mardi présidente de l’Assemblée nationale issue du premier scrutin depuis le départ de Yahya Jammeh, qui a dirigé le pays d’une main de fer pendant plus de 22 ans.

Ni Mme Denton, ni le vice-président du Parlement Momodo Sanneh, tous deux membres du Parti démocratique unifié (UDP), principale formation d’opposition sous Yahya Jammeh et vainqueur des élections législatives du 6 avril, ne font partie des 53 députés élus. Ils font partie du contingent de cinq députés nommés par le chef de l’Etat Adama Barrow.

Les 58 députés du Parlement monocaméral de cette ex-colonie britannique enclavée dans le territoire sénégalais, hormis sa façade atlantique, ont prêté serment devant le président de la Cour suprême, le juge Hassan Abubacarr Jallow. 

Mme Denton s’est engagée à exercer ses fonctions « avec l’impartialité attendue du poste de président du Parlement et à en préserver la dignité ».

En 2006, accusée de dissimulation de trahison à la suite d’une tentative de coup d’Etat, elle avait purgé trois mois de détention, mais les poursuites avaient été abandonnées ultérieurement.

Sur les cinq députés nommés, M. Barrow a désigné trois femmes, doublant la représentation féminine au parlement, puisque seules trois candidates ont été élues.

Outre Mme Denton, les deux autres femmes nommées sont Mme Ndey Yassin Secka, employée de la radiotélévision d’Etat GRTS, et Mme Kumba Jaiteh, une responsable de la commission de la concurrence et de la protection des consommateurs.

Adama Barrow appartenait à l’UDP avant d’en démissionner pour représenter une large coalition contre Yahya Jammeh à l’élection présidentielle du 1er décembre 2016, dont les partis membres se présentaient séparément aux législatives.

L’UDP détient une majorité absolue au parlement, ayant obtenu 31 des 53 sièges à pourvoir, sans compter les députés nommés. Le parti de M. Jammeh, l’Alliance patriotique pour la réorientation et la construction (APRC), n’a conservé que cinq sièges.

Le Congrès démocratique de Gambie (GDC), de Mama Kandeh, arrivé en troisième position à l’élection présidentielle, loin derrière MM. Barrow et Jammeh, a obtenu également cinq sièges.

D’autres partis de la coalition se partagent 11 des 12 sièges restants, le dernier revenant à un candidat indépendant.

Yahya Jammeh est parti en exil en Guinée équatoriale en janvier, à la suite d’une intervention militaire de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) et d’une ultime médiation guinéo-mauritanienne pour le forcer à céder le pouvoir.

Déclaré battu de moins de 20.000 voix par Adama Barrow, il a contesté pendant six semaines sa défaite

Par Guylain Gustave Moke

LIBYE: L’OIM dénonce les « marchés d’esclaves »

L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a dénoncé mardi l’existence de véritables « marchés d’esclaves » en Libye, où les migrants sont vendus entre 200 et 500 dollars.

« Vous allez au marché, et vous pouvez payer entre 200 et 500 dollars pour avoir un migrant » et l’utiliser pour « vos travaux », a déclaré aux médias le chef de la mission de l’OIM en Libye, Othman Belbeisi, de passage à Genève.

« Après l’avoir achetée, vous devenez responsable de cette personne. (…) Certaines d’entre elles s’échappent, d’autres sont maintenues en servitude », a-t-il ajouté. 

Dans un communiqué, l’OIM, une agence liée au système des Nations unies, explique que son personnel en Libye et au Niger a pu recueillir des récits « choquants » de migrants, qui ont décrit l’existence de « marchés d’esclaves » dans lesquels des centaines d’hommes et de femmes sont vendus. Ces personnes sont notamment vendues sur des places publiques ou dans des garages.

Il s’agit de « gens vendus en public, assis par terre », a expliqué un porte-parole de l’OIM, Leonard Doyle.

Dans le communiqué, l’OIM cite le terrible témoignage d’un migrant sénégalais, dont le nom n’est pas publié. Cet homme a d’abord dû payer environ 320 dollars à un trafiquant d’être humains pour se rendre en Libye depuis Agadez, au Niger.

Après deux jours dans le désert, dans un véhicule tout-terrain conduit par un chauffeur, il est arrivé à Sabha dans le sud-ouest de la Libye. Son chauffeur a alors affirmé ne pas avoir été payé par le « trafiquant » et a transporté le Sénégalais dans un « marché d’esclaves ».

D’après l’OIM, des migrants sub-sahariens étaient achetés et vendus sur ce marché, situé dans un parking, par des Libyens, aidés de Ghanéens et Nigerians qui travaillent pour eux.

Une fois vendu, le migrant sénégalais a été emmené dans divers endroits, des sortes de « prisons », dans lesquelles les migrants sont torturés, tandis que les ravisseurs exigent que leurs familles paient une rançon en échange de leur libération. Ce Sénégalais est ensuite parvenu à officier comme traducteur des ravisseurs, évitant ainsi d’être davantage battu.

D’après les témoignages recueillis par l’OIM, les femmes deviennent des esclaves sexuelles.

« La situation est désastreuse. Nous savons que les migrants qui tombent dans les mains des trafiquants sont confrontés à la malnutrition systématique, aux abus sexuels et même au meurtre », a indiqué le directeur des opérations d’urgence de l’OIM, Mohammed Abdiker, dans le communiqué.

Par Guylain Gustave Moke

SYRIE: -Attaque chimique- Le vote du Conseil de Sécurité des Nations Unies

Le Conseil de sécurité des Nations unies doit voter mercredi sur un projet de résolution demandant la coopération du régime syrien dans une enquête sur l’attaque chimique qu’il est accusé d’avoir menée sur une localité rebelle le 4 avril, ont indiqué mardi soir des diplomates américains.

Le vote est prévu à 19H00 GMT mais, selon des diplomates, la Russie devrait utiliser son droit de veto. Ce serait alors la huitième fois que Moscou –où se trouve actuellement le secrétaire d’Etat américain Rex Tillerson– se sert de cette prérogative au Conseil de sécurité pour bloquer une action onusienne à l’encontre de son allié syrien.

Le Royaume-Uni, la France et les Etats-Unis ont présenté plus tôt mardi au Conseil un nouveau projet de résolution demandant une enquête sur cette attaque, malgré l’échec de négociations la semaine dernière. 

Ce projet de résolution exige « une coopération complète dans l’enquête » sur l’attaque qui a eu lieu dans la localité de Khan Cheikhoun (nord-ouest), en zone rebelle et jihadiste, avait indiqué en milieu de journée l’ambassadeur britannique Matthew Rycroft sur Twitter.

Le Conseil de sécurité avait examiné la semaine dernière trois projets de résolution sans jamais passer au vote, en réponse à l’attaque chimique imputée au régime du président syrien Bachar al-Assad. Cette attaque a fait au moins 87 morts, dont 31 enfants.

En représailles, les Etats-Unis ont mené dans la nuit du 6 au 7 avril une frappe de missiles Tomahawk sur une base aérienne de l’armée syrienne, à partir de laquelle l’attaque chimique aurait été lancée selon l’administration américaine.

« Nous ne pouvons pas abandonner et nous devons essayer, de bonne foi, le mieux possible, d’avoir un texte condamnant l’attaque, et demandant une enquête approfondie », a déclaré mardi l’ambassadeur français à l’ONU François Delattre, à des journalistes.

Le président russe Vladimir Poutine a également appelé à une enquête approfondie par l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) tout en suggérant que le président syrien était la cible de fausses accusations.

Le ministre turc de la Santé a confirmé que les examens post-mortem des victimes montraient qu’elles avaient été exposées à du gaz sarin, un puissant agent neurotoxique.

Par Guylain Gustave Moke

BRESIL: La politique de la corruption

Le scandale Petrobras a secoué de plus belle la politique brésilienne mardi, avec le feu vert de la Cour suprême pour l’ouverture d’enquêtes visant notamment neuf ministres du gouvernement du président conservateur Michel Temer.

Cette décision fait l’effet d’une véritable bombe: 108 personnalités politiques de premier plan, y compris des dizaines de députés et sénateurs, figurent sur une liste de personnes protégées par une immunité, dressée par Edson Fachin, juge du Tribunal suprême fédéral (STF), la plus haute juridiction du pays.

Sont aussi visés par l’enquête les trois derniers présidents de la République et le maire de Rio de Janeiro pendant les Jeux Olympiques de 2016. Le juge Fachin a renvoyé leurs cas vers d’autres instances, dans la mesure où ils ne jouissent pas d’immunité.

Tous sont soupçonnées d’être impliquées dans un vaste réseau de corruption ayant détourné plus de deux milliards de dollars de la compagnie pétrolière d’État.  

« La présidence ne se prononce pas au sujet d’enquêtes en cours », s’est contenté de réagir le service de presse du président Temer.

– Un tiers du gouvernement et du sénat –

Environ un tiers des membres du gouvernement actuel figurent dans cette liste, dont certains ministres-clé, comme l’influent Eliseu Padilha, chef de la Maison civile, qui a rang de quasi-Premier ministre dans le système politique brésilien.

Sont aussi visés le ministre des Affaires étrangères, Aloysio Nunes, nommé en mars, ou le ministre de l’Agriculture, Blairo Maggi, en évidence lors du scandale de viande avariée qui a secoué le Brésil ces dernières semaines. Selon certains médias brésiliens, la liste finale de ministres pourrait néanmoins être ramenée à huit noms.

Le Congrès brésilien est aussi atteint de plein fouet: les présidents des deux chambres figurent sur la liste ainsi que 29 des 81 sénateurs et 40 des 513 députés.

L’ex-président Luiz Inacio Lula da Silva (2003-2010), icône de la gauche, a été inculpé dans plusieurs volets de l’enquête. Le juge Fachin a renvoyé son cas vers d’autres instances. C’est aussi le cas de sa dauphine, Dilma Rousseff (2011-2016), destituée l’an dernier pour maquillage des comptes publics et de son prédécesseur, Fernando Henrique Cardoso (1995-2002), du parti centriste PSDB.

Parmi les autres politiciens de premier plan en ligne de mire, Aecio Neves, autre membre du PSDB, défait en 2014 lors du second tour des dernières élections présidentielles par Dilma Rousseff.

Plusieurs caciques du parti de M. Temer, le PMDB (centre-droit), sont aussi mis en cause, notamment l’influent sénateur Romero Juca.

En mars, le procureur général du Brésil, Rodrigo Janot, avait demandé l’ouverture de 83 enquêtes contre des ministres et parlementaires jouissant d’une immunité et qui ne peuvent être jugés que par la Cour suprême. Cette requête a été envoyée sur la base des confessions explosives de 77 anciens cadres du géant du BTP Odebrecht ayant noué des accords avec la justice contre de futures remises de peine.

– Le président fragilisé –

L’opération « Lavage-Rapide », enquête tentaculaire ouverte en 2014, a révélé que le groupe Odebrecht était au cœur du vaste système de versement de pots-de-vin que les plus grandes entreprises du bâtiment du pays avaient monté, réunies au sein d’un cartel illicite, depuis au moins le début des années 2000 pour obtenir des marchés surfacturés.

En retour, étaient versées des commissions alimentant les caisses noires de partis politiques et d’élus influents.

Les délits les plus récurrents dans ce dossier sont la corruption passive et active, la délinquance financière, le blanchiment d’argent et l’association de malfaiteurs. Des dizaines de chefs d’entreprise, cadres d’entreprises, intermédiaires et de politiciens de tous bords sont déjà sous les verrous.

Le nom du président actuel Michel Temer a été cité dans l’affaire bien qu’il n’ait pas été officiellement mis en cause. Selon la constitution brésilienne, il ne peut être jugé pour des délits commis avant le début de son mandat. Mais l’implication d’un grand nombre de ministres risque de fragiliser considérablement son gouvernement, qui mise sur des mesures d’austérité pour tenter de sortir le pays de la crise.

Depuis son arrivée au pouvoir en 2016, plusieurs de ses ministres ont déjà été contraints de démissionner face à des accusations de corruption.

Par Guylain Gustave Moke

COREE du NORD: La Chine appelle Trump au calme

La Chine a appelé mercredi Donald Trump au calme face à la Corée du Nord, après de nouvelles menaces du président américain qui s’est fait fort de « résoudre » seul le « problème », tandis que Pyongyang se disait prêt à la « guerre ».

« La Corée du Nord cherche des ennuis. Si la Chine décide d’aider, ça serait formidable. Sinon, nous résoudrons le problème sans eux! USA », a écrit mardi Donald Trump sur Twitter, en référence aux programmes nucléaire et balistique nord-coréens bannis par l’ONU.

Quelques jours après un sommet dans sa résidence de Floride avec son homologue chinois Xi Jinping, Donald Trump a en outre semblé lier les négociations commerciales entre les deux premières puissances économiques mondiales à la question nord-coréenne: « J’ai expliqué au président chinois qu’un accord commercial avec les Etats-Unis serait bien meilleur (pour eux s’ils résolvent le problème nord-coréen! »

Peu après le départ du président chinois, Washington a annoncé samedi que le porte-avions Carl Vinson et son escorte faisaient route vers la péninsule coréenne. Annoncé dans la foulée de la frappe punitive américaine en Syrie, cette décision a été largement interprété comme une démonstration de force de l’administration Trump.

« Nous sommes en train d’envoyer une armada. Très puissante », a ajouté Donald Trump mardi lors d’un entretien sur la chaîne Fox Business Network. « Nous avons des sous-marins. Très puissants. Beaucoup plus puissants que le porte-avions ».

– ‘Pékin réagira fermement’ –

En réponse, le régime nord-coréen s’est voulu déterminé.

« Le déploiement insensé américain pour envahir la RPDC a atteint une phase préoccupante », a réagi un porte-parole du ministère nord-coréen des Affaires étrangères, cité par l’agence officielle KCNA, en utilisant le nom officiel du régime (République populaire démocratique de Corée).

La RPDC « est prête à réagir, quel que soit le type de guerre voulu par les Etats-Unis », a-t-il ajouté.

« Notre puissante armée révolutionnaire surveille attentivement tous les gestes des éléments ennemis et notre regard nucléaire est braqué sur les bases d’invasion américaines, non seulement en Corée du Sud et dans le Pacifique mais aussi sur le territoire américain », a menacé le quotidien du parti au pouvoir, Rodong Sinmun.

Face aux risques d’embrasement tout près de sa frontière, la Chine a tenu à appeler au calme. Lors d’un entretien téléphonique avec Donald Trump, son homologue Xi Jinping a plaidé pour une solution pacifique de la crise et « le maintien de la paix et de la stabilité » dans la péninsule coréenne, a rapporté mercredi la télévision nationale.

Les Etats-Unis considèrent la Chine comme l’alliée de la Corée du Nord et estiment que Pékin a les moyens de convaincre son voisin d’abandonner son programme nucléaire.

Dans un éditorial au ton inhabituellement virulent envers le régime de Kim Jong-Un, le quotidien chinois Global Times a mis en garde Pyongyang contre un sixième essai nucléaire qui pourrait coïncider avec les célébrations du 105e anniversaire de la naissance du fondateur du régime, Kim Il-Sung, le 15 avril.

« La péninsule coréenne n’a jamais été aussi proche d’un affrontement militaire depuis que le Nord a mené son premier essai nucléaire en 2006 », a observé dans un éditorial le quotidien, dont les positions nationalistes passent pour être très proches des dirigeants chinois.

Si la Corée du Nord devait procéder à un nouvel essai nucléaire ou à un tir de missile intercontinental, « Pékin réagira fermement », a averti le journal, estimant que la Chine soutiendrait de nouvelles sanctions de l’ONU allant jusqu’à des restrictions aux importations pétrolières de Pyongyang.

« Trump veut qu’on le considère comme un homme qui tient ses promesses », a prévenu le Global Times. « Pyongyang doit éviter de commettre un erreur en ce moment ».

Par Guylain Gustave Moke

TURQUIE: Erdogan et la révision constitutionnelle

Il a tenu des dizaines de meetings à travers la Turquie, galvanisé les foules à en perdre la voix. L’infatigable Recep Tayyip Erdogan ne ménage pas ses efforts pour triompher, dimanche, du plus important scrutin de sa vie.

Neuf mois après avoir mis en échec une sanglante tentative de putsch, le président turc, âgé de 63 ans, joue son va-tout lors d’un référendum sur une révision constitutionnelle qui lui permettrait, s’il l’emporte, de considérablement renforcer ses pouvoirs.

Pour les partisans de M. Erdogan, la réforme est nécessaire pour assurer la stabilité au sommet de l’Etat. Mais ses détracteurs dénoncent un texte rédigé sur-mesure pour l’actuel président, accusé de dérive autoritaire. 

Alors que le scrutin s’annonce serré, M. Erdogan a labouré la Turquie ces dernières semaines pour engranger les soutiens, de Diyarbakir la Kurde à l’Egéenne Izmir, sans oublier Istanbul, où il a écrit les premières pages de sa légende politique.

Conséquence du rythme harassant de plusieurs meetings quotidiens auquel il s’est astreint, M. Erdogan a dû annuler, fin mars, des discours dans l’est du pays, pour cause d’aphonie.

Le président turc aura déployé, plus que jamais, ses qualités de tribun hors pair, prononçant des discours truffés de poésie nationaliste et d’extraits du Coran, ménageant des silences pour que ses mots imbibent les esprits.

« Erdogan est un imam, au sens d’orateur capable de galvaniser les foules, de les faire pleurer ou de leur faire peur », souligne Samim Akgönül, professeur à l’université de Strasbourg (est de la France). « Sa verve impressionne ».

– Héritage –

Si M. Erdogan est souvent dépeint en Occident comme un sultan indétrônable, cette débauche d’efforts révèle, selon Aydin Aydintasbas, du Conseil européen des relations internationales, que son assise n’est pas totale. « Erdogan doit continuer à remporter les scrutins pour rester au pouvoir, et faire campagne en permanence », explique-t-elle.

Depuis l’arrivée au pouvoir en 2002 de son parti, l’AKP, M. Erdogan a affronté une dizaine de scrutins, qu’il a tous remportés.

Le référendum dimanche survient après l’année la plus éprouvante de sa carrière politique, avec une série d’attentats meurtriers et, surtout, une tentative de coup d’Etat dans la nuit du 15 au 16 juillet.

L’image de M. Erdogan s’adressant cette nuit-là à la nation à travers l’écran d’un smartphone, le visage livide, a marqué les esprits. De même que son arrivée triomphale au principal aéroport d’Istanbul au petit matin, signalant la défaite des putschistes.

M. Erdogan, qui domine la politique turque depuis 15 ans, semble déterminé à marquer l’histoire de son pays, à l’image du fondateur de la république, Mustafa Kemal.

« Un âne meurt, sa selle lui survit. Un homme meurt, son oeuvre lui survit », répète souvent le chef de l’Etat, multipliant également les références au sultan Mehmet II, qui a conquis Constantinople en 1453.

Ses gigantesques projets d’infrastructures ont déjà transformé le visage de la Turquie, et notamment d’Istanbul, où un troisième pont enjambe désormais le Bosphore, traversé également par plusieurs tunnels.

– ‘Reis’ –

Né à Kasimpasa, quartier populaire d’Istanbul, M. Erdogan se targue souvent d’origines modestes. Eduqué dans un lycée religieux, vendeur de rue, « Tayyip » a un temps caressé le rêve d’une carrière de footballeur, avant de se lancer en politique dans la mouvance islamiste.

Elu maire d’Istanbul en 1994, il triomphe en 2002 lorsque l’AKP remporte les législatives et devient Premier ministre un an plus tard, une fois amnistiée une peine de prison reçue pour avoir récité en public un poème religieux.

Le « Reis » (chef) reste pour ses partisans l’homme du miracle économique et des réformes qui ont libéré la majorité religieuse et conservatrice du pays de la domination de l’élite laïque. Mais depuis les grandes manifestations antigouvernementales du printemps 2013 brutalement réprimées, il est aussi devenu la figure la plus critiquée de Turquie, ses détracteurs dénonçant une dérive autocratique et islamiste.

Dans le cadre de l’état d’urgence en vigueur depuis le putsch manqué, les autorités ont multiplié les arrestations d’opposants prokurdes accusés de « terrorisme » et de journalistes critiques.

Certains analystes estiment toutefois que le président turc, réputé pragmatique, en dépit de son tempérament de feu, pourrait adoucir le ton avec l’Europe et faire un geste d’ouverture vers les Kurdes après le référendum — s’il l’emporte.

La révision constitutionnelle soumise au vote des Turcs dimanche permettrait en théorie à M. Erdogan de rester au pouvoir jusqu’à au moins 2029. Il serait alors âgé de 75 ans.

Par Guylain Gustave Moke

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