RUSSIE: Les manifestants d’opposition arrêtés

La police russe a arrêté plusieurs dizaines de manifestants d’opposition qui tentaient de défiler dimanche à Moscou, une semaine après l’interpellation de centaines de personnes lors d’un rassemblement d’opposants.

« A Moscou, 31 personnes ont été arrêtées pour troubles à l’ordre public » lors d’une manifestation non-autorisée, a déclaré le ministère de l’Intérieur russe dans un communiqué.

Selon l’organisation OVD-Info, spécialisée dans la surveillance des manifestations, ce sont au moins 56 personnes qui ont été interpellées, dont au moins quatre mineurs. 

Plusieurs des personnes arrêtées, parmi lesquelles l’opposant Ildar Dadine, libéré fin février après 15 mois de camp pour des manifestations non-autorisées, avaient voulu manifester séparément, a-t-elle affirmé.

La manifestation avait commencé à 10H30 GMT, ses participants défilant sur la rue Tverskaïa, une des principales artères de Moscou, au coeur de la capitale.

Ses organisateurs restent toutefois mystérieux: aucune figure de l’opposition n’y a participé et des messages sur Facebook ont lié le rassemblement à un groupe nationaliste peu connu.

Parmi les manifestants interpellés figure notamment Pavel Diatlov, 16 ans, qui est devenu un symbole de la protestation des jeunes en Russie après avoir été pris en photo lors du rassemblement de l’opposition la semaine dernière au moment où il grimpait sur un lampadaire.

« Nous marchions simplement. Nous nous dirigions vers la place Rouge et la police à commencer à nous repousser », a-t-il assuré avant son arrestation, précisant que la manifestation avait pour objectif d' »appeler à la démission du gouvernement et à une élection présidentielle anticipée ».

Une autre militante, Natalia Ponomarenko, 70 ans, venue de la région de Moscou, a confié qu’elle avait aussi participé à la précédente manifestation le 26 mars. « Le plan était juste de marcher », a-t-elle dit.

L’opposant russe numéro un, Alexeï Navalny, qui purge une peine de 15 jours de prison pour ne pas avoir obéi à la police lors de la manifestation du 26 mars, organisée à son appel, a cependant nié tout lien avec ces nouvelles protestations.

« Il n’en sait absolument rien », a affirmé sa porte-parole Kira Iarmych dans un message sur Twitter.

Des manifestations similaires, pourtant autorisées par le pouvoir local, ont réuni dimanche 400 personnes à Novossibirsk (Sibérie Occidentale), 650 personnes à Samara (Volga) et 250 personnes à Astrakhan (sud), selon le ministère russe de l’Intérieur.

A Saint-Pétersbourg (nord-ouest), un manifestant a été arrêté lors d’un rassemblement non autorisé, selon la même source.

Plus d’un millier de personnes avaient été arrêtées le 26 mars à Moscou lors des rassemblements de l’opposition pour la plupart interdits par les autorités, qui avaient réuni des dizaines de milliers de personnes à travers le pays.

Par Guylain Gustave Moke

RD CONGO: Le pape François appelle à la paix en RD Congo

Le pape François, qui célébrait dimanche une messe dans le nord-est de l’Italie, a lancé un appel à la paix en République démocratique du Congo (RDC), en déplorant « les affrontements sanguinaires » dans les provinces des Kasaï.

« Des nouvelles continuent à arriver des affrontements armés sanguinaires dans les provinces des Kasaï, en République démocratique du Congo, combats qui entraînent des victimes et des personnes déplacées et qui touchent aussi des personnes et des biens de l’Eglise », a déploré le pape François, à l’issue d’une messe en plein air à Carpi, ville touchée en 2012 par des séismes destructeurs. 

« J’exhorte tous à prier pour la paix, afin que les cœurs des auteurs de ces crimes ne restent pas esclaves de la haine et de la violence », a ajouté le pape François, devant quelque 20.000 fidèles.

Une rébellion secoue depuis six mois quatre provinces du centre de la RDC (Kasaï-central, Kasaï, Kasaï-oriental et Lomami) et a causé la mort d’au moins 400 personnes.

L’épiscopat congolais et le représentant du pape à Kinshasa avait exhorté jeudi les forces congolaise de sécurité, pointées du doigt pour de nombreux abus dans la répression de cette rébellion à la « retenue » et à un usage proportionné de la force dans ses opérations.

La police congolaise a de son côté accusé fin mars les rebelles d’y avoir massacré 39 policiers. Deux experts étrangers de l’ONU et un de leurs accompagnateurs y ont été également retrouvés assassinés fin mars, deux semaines après leur enlèvement.

Le pape a récemment dit qu’il aurait aimé se rendre au Congo-Brazzaville et coupler cette visite avec la République démocratique du Congo, ajoutant toutefois que cela ne serait pas possible avec le président Joseph Kabila, au pouvoir depuis 2001, dont le mandat a expiré le 20 décembre et à qui la Constitution interdit de se représenter.

Un accord négocié par l’influent épiscopat catholique du pays, signé le 31 décembre, l’a autorisé à se maintenir à la tête du pays jusqu’à l’élection d’un successeur, en tandem avec un Premier ministre d’opposition, mais l’accord peine à être mis en oeuvre.

Le pontife argentin s’est également dit « profondément peiné » dimanche après l’Angelus pour les victimes de la gigantesque coulée de boue qui a fait au moins 234 morts en Colombie. « Je prie pour les victimes et je veux assurer ma proximité à ceux qui pleurent des disparus », a dit le pape, en remerciant les secours sur place.

Le pape François a également assuré de ses prières le Venezuela et le Paraguay, en proie à de fortes turbulences politiques.

Par Guylain Gustave Moke

FRANCE: « Biens mal acquis »: l’étau se resserre autour du clan Sassou

La justice française resserre son étau sur l’entourage de Denis Sassou Nguesso: l’enquête sur le patrimoine en France de la famille du président congolais laisse entrevoir la possibilité d’un deuxième procès à Paris des « biens mal acquis ».

Depuis 2010, des juges d’instruction français tentent de déterminer si les fortunes de trois familles présidentielles, celles de feu Omar Bongo (Gabon), de Denis Sassou Nguesso (Congo-Brazzaville) et de Teodoro Obiang Nguema (Guinée équatoriale), ont pu être bâties grâce à des deniers publics détournés de ces pays. 

Le fils du président équato-guinéen, Teodorin Obiang, doit répondre en juin notamment de blanchiment de détournement de fonds publics devant le tribunal correctionnel à Paris. Des membres de la famille de Denis Sassou Nguesso, 73 ans, dont 32 à la tête du petit Etat forestier et pétrolier du Congo-Brazzaville, pourraient le suivre un jour.

« Le chapitre Sassou Nguesso s’est ouvert plus tardivement car les mécanismes d’externalisation et d’opacification des flux illicites à l’origine des acquisitions de biens en France étaient complexes », commente William Bourdon, président de Sherpa et avocat de Transparency International, deux des associations anticorruption qui avaient porté les premières plaintes en 2007.

D’où viennent les belles voitures, les propriétés parisiennes et les bijoux ? Les enquêteurs, qui s’appuient sur des signalements de la cellule antiblanchiment du ministère de l’Economie, cherchent à savoir si leur acquisition provient de fonds publics, avec l’aide d’intermédiaires peu scrupuleux et de sociétés offshore aux Îles Vierges Britanniques, à Dubaï ou à Hong Kong.

– Un neveu mis en examen –

La justice a notamment ciblé une société de droit mauricien, Cipci International, à l’origine d' »achats somptuaires pour le compte de la famille Sassou Nguesso », dont des biens immobiliers. Or, les enquêteurs pensent que cette société a reçu plusieurs dizaines de millions d’euros entre 2008 et 2011, « provenant de la direction générale du Trésor » congolais, poursuit cette source.

La justice a déjà saisi plusieurs biens de la famille Sassou Nguesso ou de son entourage entre 2014 et 2016 : une dizaine de voitures de luxe, un studio dans le très sélect XVIe arrondissement de Paris, un triplex dans la riche banlieue de Neuilly-sur-Seine, deux biens immobiliers à Courbevoie (région parisienne), ainsi qu’un ensemble immobilier dans le XVIIe arrondissement de Paris au nom de l’épouse du président, Antoinette Sassou Nguesso, une enseignante à la retraite.

Ils ont aussi saisi la villa Suzette, une demeure de près de 500 mètres carrés dans la banlieue cossue du Vésinet, à l’ouest de Paris. Les enquêteurs suspectent Wilfrid Nguesso, neveu du président, d’en être le propriétaire, dissimulé derrière des sociétés-écran.

Le 8 mars, « Willy », 51 ans, s’est retrouvé dans le bureau du juge d’instruction Roger Le Loire. Ancien pilote d’hélicoptère pour les plateformes pétrolières, il s’est reconverti après un accident en entrepreneur dans l’import-export, les télécommunications ou l’immobilier. Parmi ses affaires, l’une des sociétés qu’il contrôle, la Socotram (Société congolaise de transports maritimes), est dans le viseur des juges.

Cette société qui perçoit des droits sur le trafic maritime a-t-elle servi à financer des dépenses du clan familial en France ?

Sa défense conteste formellement que les sommes perçues proviennent de fonds publics. « Socotram est une société de droit privé dans laquelle l’Etat congolais est actionnaire » à 45%, et son chiffre d’affaires est alimenté par des « redevances » prélevées sur les armateurs et non des taxes collectées au nom de l’Etat, a argumenté le neveu du président congolais lors de son audition.

« Socotram n’est pas une société étatique », a martelé Wilfrid Nguesso. Le magistrat financier l’a mis en examen pour « blanchiment de détournement de fonds publics » entre 2000 et 2011 en France.

C’est la première fois qu’un proche du président Denis Sassou Nguesso est mis en examen. D’autres pourraient suivre. Selon une source proche du dossier, un autre neveu, Edgar Nguesso, était convoqué le 28 février en vue d’une mise en examen, mais il ne s’est pas présenté à ce rendez-vous.

Par Guylain Gustave Moke

U.E.: Trump félicite l’esprit unificateur de l’UE aprés le Brexit

Le président américain Donald Trump a félicité l’Union européenne pour son « très bon travail » qui lui a permis de rester unie après la décision du Royaume-Uni de quitter l’UE, dans une interview publiée dimanche dans le Financial Times.

« J’aurais pensé, quand cela s’est produit, que d’autres (pays) suivraient, mais je pense vraiment que l’UE est en train de se ressaisir », a déclaré M. Trump au sujet du Brexit.

Le président américain a félicité le bloc européen pour avoir réalisé « un très bon travail afin de se rassembler » après le choc des résultats du référendum du 23 juin. Il a par ailleurs félicité l’UE a adopté, au cours des derniers mois, « un esprit différent afin de rester unie ».

Ces propos de M. Trump tranchent avec ceux qu’il tenait en janvier.

« D’autres pays vont quitter » l’UE en suivant l’exemple de Londres, avait-il prédit après le vote du Brexit, qu’il décrivait alors comme « une grande chose ». Ces propos, tenus dans une interview conjointe donnée aux quotidiens britannique The Times et allemand Bild, quelques jours avant sa prise de fonction à la Maison Blanche, avaient suscité la colère des dirigeants européens.

Le président François Hollande avait répondu que l’UE n’avait « pas besoin de conseils extérieurs pour lui dire ce qu’elle a à faire ». De son côté, la chancelière allemande Angela Merkel avait répliqué que « nous, les Européens, avons notre destin dans nos mains ».

Dans son entretien au Financial Times, M. Trump a affirmé que le Brexit serait positif pour les deux parties qui sont à la table de négociations. « Je pense réellement que ce sera une très excellente chose pour le Royaume-Uni et une très, très bonne chose aussi pour l’UE », a-t-il affirmé.

Nigel Farage, président du parti europhobe et anti-immigrés Ukip, un acteur central du vote britannique en faveur de la sortie du Royaume-Uni de l’UE, avait soutenu M. Trump dans sa course à la Maison Blanche.

Mercredi, le Royaume-Uni a déclenché formellement la procédure de sortie de l’Union, suscitant une réponse formelle de Washington.

« Nous respectons la volonté des électeurs britanniques », a déclaré Sean Spicer, porte-parole de M. Trump. « Quel que soit l’avenir de la relation entre le Royaume-Uni et l’UE, nous voulons que le Royaume-Uni reste un leader fort en Europe (…) et dans le monde », a-t-il ajouté.

Une certaine tension persiste toutefois entre Bruxelles et Washington. Elle s’est manifestée jeudi lorsque le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a affirmé en plaisantant qu’il était prêt à encourager des mouvements d’indépendance aux Etats-Unis si M. Trump ne mettait pas une sourdine à son soutien au Brexit.

Par Guylain Gustave Moke

BENIN: -Réforme constitutionnelle- Le ministre de la Défense demissionne

Le ministre béninois de la Défense, fort soutien du président Patrice Talon au sein du gouvernement, a annoncé lundi avoir remis sa lettre de démission, créant la surprise dans un contexte politique tendu en raison de la volonté du président de réformer la Constitution.

« Face aux derniers développements de l’actualité politique dans notre pays, j’ai décidé de remettre ma démission du gouvernement », a écrit le ministre Candide Armand-Marie Azannai sur sa page Facebook. Le président Talon a convoqué l’Assemblée en session extraordinaire pour voter un projet de réforme constitutionnelle qui prévoit notamment un mandat présidentiel unique et fait polémique.

La lettre a été présentée au président de la République Patrice Talon, tôt ce lundi, explique le ministre: « J’ai prié Monsieur Patrice Talon (…) d’accepter la-dite démission », écrit M. Azannai. 

Ancien député, Candide Armand-Marie Azannai avait été également ministre sous l’ancien président de la République du Bénin Boni Yayi avant de se rallier à l’opposition contre celui-ci, soutenant la candidature de l’actuel chef de l’Etat, Patrice Talon au pouvoir depuis le 6 avril 2016.

Le nouveau projet de Constitution -l’un des arguments de campagne de Patrice Talon- prévoit notamment une discrimination positive en faveur des femmes dans le monde politique, un financement public des partis, mais également la mise en place d’un mandat présidentiel unique, actuellement de six ans, une mesure historique sur le continent africain et qui suscite la controverse.

En tout, sur 160 articles de la Constitution du 11 décembre 1990, 43 sont modifiés.

Le président Talon avait convoqué le Parlement dès vendredi en session extraordinaire pour voter cette nouvelle réforme, certain de pouvoir faire valoir de sa forte popularité à l’Assemblée moins d’un an après son élection.

Toute modification de la Constitution doit être approuvée soit par referendum, soit par un vote des 4/5e de l’Assemblée.

Pourtant, les 83 députés béninois – qui ont adopté le budget 2017 à l’unanimité – ont rejeté le caractère urgent du vote, lors d’une première convocation vendredi dernier. Un premier revers pour M. Talon: l’examen du texte se fera selon la procédure plénière normale.

Le fait de ne pas soumettre la réforme au vote par référendum, l’opacité des textes, mais aussi l’idée d’un mandat présidentiel unique font débat au sein du pays.

Si les partisans du mandat unique y voient le moyen de ne pas être soumis à la pression des électeurs pendant son mandat, et donc de ne pas recommencer une campagne dès son élection, d’autres estiment que le risque est que « le chef de l’Etat n’aura de comptes à rendre à personne », selon un député de l’opposition.

Lundi, l’Union nationale des Magistrats du Bénin (UNAMAB) a organisé une manifestation pour exiger le retrait du projet, qui « porte atteinte à l’indépendance du pouvoir judiciaire », selon son président Michel Adjaka.

Les magistrats dénoncent notamment une clause du texte qui permet à des représentants du gouvernement de siéger au sein du Conseil supérieur de la magistrature.

Avant cette marche de protestation, d’autres organisations et mouvements, de même que des acteurs de la société civile et des universitaires avaient invité les parlementaires à rejeter ce projet du gouvernement.

Par Guylain Gustave Moke

GABON: Le « dialogue politique » sans Ping

En proie à des tensions politiques, économiques et sociales, le Gabon lance mardi son « dialogue politique » voulu par le président Ali Bongo Ondimba depuis sa réélection contestée il y a six mois, mais boycotté par son rival Jean Ping.

Alors que Libreville cherche de nouveaux investisseurs, notamment en Chine et en France, pour relancer et diversifier son économie, les partenaires du pays suivent de près ce rendez-vous. En tête desquels la France, ex-puissance coloniale, qui avait accueilli très fraîchement la réélection de M. Bongo, mise en cause par les observateurs électoraux de l’Union européenne (UE).

Le président Bongo Ondimba avait annoncé ce « dialogue politique inclusif et sans tabou » immédiatement après la validation de sa réélection le 24 septembre par la Cour constitutionnelle. La première annonce de sa victoire avait suscité des violences rares dans ce pays pétrolier d’1,8 million d’habitants relativement prospère, dirigé par la famille Bongo depuis 50 ans. 

Vendredi, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault « a exprimé l’espoir » que ce dialogue « débouche sur des réformes structurelles », après avoir reçu à Paris le Premier ministre gabonais Emmanuel Issoze Ngondet, première réception officielle d’un haut responsable gabonais depuis la présidentielle.

– 1.200 organisations –

« La préparation des prochaines élections législatives est une opportunité pour que les différentes sensibilités politiques prennent des engagements en faveur de la démocratie et l’Etat de droit au Gabon. Une facilitation internationale pourrait utilement être mobilisée », a ajouté le quai d’Orsay.

A Paris, M. Issoze Ngondet a aussi cherché de nouveaux investisseurs auprès du patronat français (Medef), qui s’est inquiété des retards de paiement touchant les entreprises françaises au Gabon, victime de la chute des cours du brut (40% de son PIB avant la crise en 2014).

Le « dialogue politique inclusif et sans tabou » est boycotté par la Coalition pour la nouvelle République (CNR) de Jean Ping, qui se proclame toujours président élu et qui se trouvait également à Paris la semaine dernière.

M. Ping, crédité par la Cour constitutionnelle de 47,24% des voix contre 50,66% pour M. Bongo, cite le rapport de la mission électorale de l’UE qui parle d' »anomalies » mettant en cause le « résultat final de l’élection ».

« Que tel ou tel ne participe pas, peu importe, cela ne gêne pas », a assuré le Premier ministre gabonais jeudi sur la chaîne France 24, se félicitant de la participation « massive » de la société civile (pas moins de 1.200 « organisations » offciellement enregistrées) et d’une cinquantaine de partis politiques.

Ce dialogue est un « impératif » pour « sortir de la situation tendue qui a prévalu au lendemain de la présidentielle », a ajouté M. Issoze Ngondet dans un entretien au quotidien Le Monde.

– un air de ‘déjà-vu’ –

Le dialogue doit commencer par une phase « citoyenne » avec les acteurs de la société civile, alors que le gouvernement vient d’interdire les activités d’une fédération de sept syndicats d’enseignants en grève depuis plusieurs mois.

Les discussions politiques devraient ensuite porter sur plusieurs possibles réformes constitutionnelles: limitation du nombre de mandats présidentiels de sept ans, élection présidentielle à deux tours et non plus un seul, rétablissement d’un poste de vice-président…

Devrait être aussi abordé le rôle de la commission électorale et de la Cour constitutionnelle, deux institutions particulièrement décriées par l’opposition lors de la présidentielle.

Ce dialogue devrait être le préalable à des élections législatives, déjà reportées au plus au tard à fin juillet 2017. Cependant ces élections pourraient de nouveau être ajournées en cas d’adoption de réformes constitutionnelles, indique-t-on de source proche de la présidence.

Ce forum a un air de « déjà vu » pour les vétérans et les poids lourds de la classe politique gabonaise. Après sa réélection contestée lors de la première présidentielle pluraliste du pays, en 1993, Omar Bongo, père de l’actuel président, avait organisé un dialogue similaire, tenu alors à Paris.

Après des mois de tractations et de discussions de couloirs, il avait abouti à conforter le pouvoir du chef de l’Etat.

Par Guylain Gustave Moke

Côte d’Ivoire: La Chine fait un don de 25 milliards FCFA à la Côte d’Ivoire

La Côte d’Ivoire et la Chine ont signé, lundi, un accord de coopération portant sur un don de 25 milliards FCFA de l’Etat chinois à la Côte d’Ivoire pour la mise en oeuvre des projets du Stade Olympique et du Lycée d’Excellence de Grand-Bassam.

Cet accord a été paraphé par le Vice-ministre du commerce chinois, Qian Keming etle ministre ivoirien des Affaires étrangères, Marcel Amon-Tanoh au terme de la3ème session de la Commission mixte économique, commerciale et technique sino-ivoirienne qu’ils ont présidée. 

Il s’agissait à l’occasion de cette session de mettre en œuvre les engagements pris par les deux parties lors du sommet de Johannesburg sur la coopération sino-africaine et de rechercher de nouveau mode et voie pour le renforcement des coopérations économiques et commerciales dans le cadre de dix programmes majeurs de la coopération entre la Chine et l’Afrique.

A cet effet, le ministre Marcel Amon-Tanoh a rappelé que le volume annuel du Commerce bilatéral est passé de 1,21 milliard de dollars US à 1,7 milliard de dollars US en 2016.

‘’ Ce qui fait de la Chine l’un des premiers bailleurs de fonds de la Côte d’Ivoire avec un engagement financier qui est ennet progression avec notamment la construction prochaine d’un stade olympique àAbidjan pour un montant de 67 milliards FCFA, l’extension du port autonomed’Abidjan avec un concours financier de 400 milliards FCFA, le projetd’extension et de réhabilitation du réseau électrique pour un montant d’environ 400 milliards FCFA’’, a dit M. Amon-Tanoh.

A ces projets, s’ajoutent la construction d’un lycée d’Excellence à Grand-Bassam estimée à environ 13 milliards FCFA et la construction du barrage de Soubré pour un peu plus de 300 milliards FCFA.

La Chine, à en croire son Vice-ministre du commerce Qian Keming, s’ est encore engagée à financer de nouveaux projets dont celui‘’d’un barrage , de l’ouverture d’une ligne de crédit en faveur des PME, le développement et le renforcement de 1000 km de route dans le cadre du programme routier 2016-2020 et divers dons à l’administration ivoirienne’’.

Rappelant les projets réalisés depuis la dernière session de la Commission mixte (réhabilitation du bloc ministériel du ministère des Affaires étrangères, réhabilitation du Palais de la Culture et du Centre de recherche et lutte contre le paludisme…), M. Qian a souligné la disponibilité de son pays à ‘’encourager les entreprises chinoises compétentes à diversifier les investissements et la coopération’’ en Côte d’Ivoire.

La coopération entre la Côte d’Ivoire et la Chine s’est progressivement renforcée depuis l’établissement des relations diplomatiques entre les deux pays, le 2 mars 1983. La prochaine session setiendra en 2019 en Chine.

Par Guylain Gustave Moke

GUINEE: Domicile du président guinéen attaqué: condamnations annulées

La Cour suprême de Guinée a cassé lundi la condamnation à perpétuité de deux hauts gradés guinéens accusés de tentative d’assassinat du président Alpha Condé, dont le domicile avait été attaqué en 2011.

La haute juridiction a cassé le jugement de la cour d’assises de Conakry du 13 juillet 2013, qui avait condamné à perpétuité le commandant Alpha Oumar Diallo – présenté comme le cerveau de l’attaque – et l’officier Jean Guilavogui, huit autres accusés écopant de deux à 15 ans de prison. 

« Nous, les avocats de la défense, sommes très contents, les mis en cause et leurs dossiers vont être transférés au tribunal de première instance de Dixinn », a déclaré l’un des conseils des accusés Me Salifou Béavogui, à la sortie de l’audience, qui n’a duré qu’un quart d’heure.

La cassation a été prononcée car les aveux ont été faits sous la contrainte et la cour d’assises n’a pas correctement appliqué le droit, selon une source judiciaire.

Sur les 10 condamnés, seuls restaient encore en prison Alpha Oumar Diallo, Jean Guilavogui, Mme Fatou Badiar Diallo, Almamy Aguibou Diallo et Mamadou Alpha Diallo (ces trois derniers condamnés à 15 ans). Les cinq autres, dont l’ex-numéro 2 du principal parti d’opposition, avaient bénéficié d’une grâce présidentielle ou purgé leur peine.

« Leur détention n’est plus nécessaire à la manifestation de la vérité, leur remise en liberté ne créera aucun trouble à l’ordre public, ils ont suffisamment de garanties de représentation pour mériter la confiance des uns et des autres en attendant la nouvelle procédure qui va commencer très bientôt », a plaidé l’avocat.

Le 19 juillet 2011, le domicile privé du président avait été attaqué de nuit par des inconnus, huit mois après son élection. Le gouvernement avait annoncé qu’Alpha Condé et sa famille s’en étaient sortis « sains et saufs » mais qu’un membre de la garde présidentielle avait été tué.

Alpha Condé avait considéré l’attaque comme une « tentative d’assassinat », mettant en cause un responsable de l’opposition, ainsi qu’un ex-ministre et un homme d’affaires proches du général Sékouba Konaté, chef du régime de transition militaire (janvier-décembre 2010).

Six militaires, dont le général Nouhou Thiam, chef d’état-major des armées sous le régime de transition, arrêtés en 2011, ont par ailleurs été condamnés en mars 2016 par un tribunal militaire à des peines équivalentes à leur détention préventive et ont été aussitôt remis en liberté.

Par Guylain Gustave Moke

RD CONGO: La police accuse des rebelles d’avoir massacré 39 agents

La police congolaise a accusé lundi une rébellion d’avoir massacré 39 de ses agents au Kasaï, région du centre de la République démocratique du Congo en proie à la violence depuis plus de six mois.

Cette accusation survient à deux jours d’un vote prévu au Conseil de sécurité de l’ONU sur le renouvellement du mandat de la Mission des Nations unies pour la stabilisation du Congo (Monusco) – la plus grosse force de maintien de la paix onusienne au monde (très peu présente au Kasaï), alors que la situation de la RDC, en proie à une crise politique, sécuritaire, économique et sociale inquiète ses voisins et la communauté internationale.

Lundi, la fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) a dit redouter que « la situation sécuritaire précaire qui règne en RDC » dégénère « très rapidement » et plonge « dans des violences généralisées » un pays dont la partie orientale reste également déstabilisée depuis des années par la présence de nombreuses milices. 

Selon le colonel Pierre-Rombaut Mwanamputu, porte-parole de la police, 39 « vaillants policiers » seraient tombées vendredi matin dans une « embuscade » tendue par des miliciens Kamwina Nsapu à Kamuesha, à environ 75 km au nord-est de Tshikapa, capitale de la province du Kasaï.

Ils ont été « enterrés par leurs bourreaux dans une fosse commune », a ajouté l’officier dans un communiqué annonçant « que des dispositions urgentes ont été prises pour mettre définitivement un terme à l’insécurité qui sévit » au Kasaï « par la mise hors d’état de nuire » des partisans de Kamwina Nsapu.

La rébellion Kamwina Nsapu porte le nom d’un chef coutumier kasaïen entré en conflit avec les autorités provinciales et le pouvoir central et tué par les forces de l’ordre en août. Elle a été accusée par l’ONU de recruter des enfants et d’avoir commis de nombreuses atrocités.

En face, les forces de l’ordre se voient régulièrement reprocher par les Nations unies de faire un usage disproportionné de la force contre des miliciens armés essentiellement de bâtons et de lance-pierres.

– ‘Impasse’ –

Depuis le début de la rébellion, les violences ont fait au minimum 400 morts. Mi-mars, la justice militaire congolaise a annoncé avoir arrêté sept soldats dans le cadre d’une enquête diligentée après la publication sur les réseaux sociaux d’une vidéo mettant en cause un peloton militaire dans un massacre présumé perpétré au Kasaï-oriental.

Partie du Kasaï-central, la province d’origine de Kamwina Nsapu, la contestation a contaminé trois autres provinces, sur fond de misère généralisée dans cette zone enclavée, largement dépourvue d’infrastructures, et acquise à l’opposant historique Étienne Tshisekedi (originaire du Kasaï), mort le 1er février pendant des négociations politiques destinées à sortir pacifiquement le pays de la crise provoquée par le maintien au pouvoir du président Joseph Kabila.

Agé de 45 ans, M. Kabila, à qui la Constitution interdit de se représenter, est arrivé au terme de son second mandat le 20 décembre et reste à son poste en vertu d’un arrêt controversé de la Cour constitutionnelle.

Sous l’égide de l’Église catholique, majorité et opposition ont signé le 31 décembre un accord de cogestion du pays prévoyant le maintien au pouvoir de M. Kabila jusqu’à l’entrée en fonction d’un successeur devant être élu lors d’une présidentielle censée avoir lieu avant la fin de l’année, et la formation d’un gouvernement élargi dirigé par un membre de l’opposition.

Près de trois mois après la signature de l’accord, ce nouveau gouvernement n’a toujours pas été formé et la perspective de la tenue des élections dans le délai prévu par l’accord de la Saint-Sylvestre ne cesse de s’éloigner.

Lundi soir, les évêques catholiques qui assurent la médiation entre les deux parties (qu’ils accusent mutuellement de mauvaise volonté) ont constaté une nouvelle fois leur impuissance à les mettre d’accord, sans pour autant jeter l’éponge.

« Les résultats obtenus sont loin de satisfaire les attentes de la population », a déclaré Mgr Marcel Utembi, président de la Conférence épiscopale nationale congolaise (Cenco), en constatant « l’impasse politique [des] discussions » après un nouveau cycle de négociations infructueuses.

Par Guylain Gustave Moke

RUSSIE: L’opposant Navalny prêt à défier Poutine

Pourfendeur de la corruption des élites russes, orateur charismatique aux idées parfois nationalistes, l’avocat Alexeï Navalny s’est imposé comme le principal opposant libéral à Vladimir Poutine, qu’il compte bien défier lors de la présidentielle de 2018.

Arrêté une nouvelle fois dimanche à Moscou avec plus d’un millier de personnes lors d’une manifestation d’une rare ampleur qu’il a organisé, il doit comparaître lundi devant la justice pour appel à rassemblement donnant lieu à des troubles à l’ordre public.

L’opposant russe Alexeï Navalny a été condamné lundi à 15 jours de détention au lendemain des vastes manifestations contre la corruption des élites à Moscou, au cours desquelles plus d’un millier de personnes ont été arrêtées.

M. Navalny a écopé d’une amende de 20.000 roubles (environ 325 euros) pour avoir organisé une manifestation non autorisée et à 15 jours de détention pour refus d’obtempérer lors de son arrestation, selon la décision du tribunal Tverskoï de Moscou. 

Dans une Russie sans opposants, Alexeï Navalny fait figure de dernier des Mohicans. Son parti, le Parti du Progrès, interdit en 2015, a été intégré à un autre parti de l’opposition, Parnas, qui n’a pu présenter que deux candidats aux élections législatives de 2016. Aucun n’a été élu.

L’avocat, qui a fait du combat anticorruption son cheval de bataille, est malgré tout déterminé à affronter le maître du Kremlin dans les urnes lors de la prochaine élection présidentielle, en mars 2018.

Avec son Fonds de lutte contre la corruption, créé en 2012, il vise précisément à appuyer sur ce point faible de la Russie de Poutine, et du parti au pouvoir, Russie Unie, le « parti des voleurs et des escrocs » selon lui.

Infatigable, Alexeï Navalny, grand blond aux yeux bleus, continue les coups d’éclat: il porte plainte contre le procureur général Iouri Tchaïka, puis contre Vladimir Poutine, publie sur son blog des révélations sur le patrimoine caché, souvent exorbitant, de proches du pouvoir, qu’il accuse de corruption.

– Discours nationaliste –

Dès 2007, l’avocat a ferraillé avec le gouvernement en achetant des actions dans des groupes semi-publics comme la compagnie pétrolière Rosneft et le géant gazier Gazprom: arguant de son statut d’actionnaire minoritaire, il exigeait la transparence des comptes.

Formé au début des années 1990 à l’université de l’Amitié des peuples, passé par le parti d’opposition libéral Iabloko d’où il a été exclu en 2007 pour ses prises de position nationalistes, il n’a eu de cesse de contester la légitimité de Vladimir Poutine, qui cultive une image de défenseur intègre des intérêts de la Russie.

Mais c’est seulement à la faveur des législatives de décembre 2011, qui vont déclencher une contestation sans précédent, qu’Alexeï Navalny va gagner en notoriété, grâce à son charisme, mais aussi à la virulence de ses prises de parole contre le Kremlin.

En septembre 2013, il obtient son premier succès électoral à l’élection municipale de Moscou. Il crée la surprise en arrivant en deuxième position avec 27,2%, juste derrière le maire sortant, l’ex-chef de cabinet de Vladimir Poutine Sergueï Sobianine, un score qui le conforte en figure de proue de l’opposition.

Alexeï Navalny a aussi souvent participé à des rassemblements aux relents racistes tels que la Marche russe. Il a néanmoins pris ses distances avec ce milieu ces dernières années et progressivement gommé les tonalités nationalistes de ses discours.

– Procès à répétition –

Fin 2014, ce père de famille est condamné à trois ans et demi de prison avec sursis et son frère Oleg à la même peine, mais ferme, dans une affaire de détournement de près de 400.000 euros au détriment d’une filiale russe de la société française Yves Rocher.

Alors qu’il est assigné à résidence, il lance un appel à manifester sous les murailles du Kremlin, qui « ne mérite pas d’exister et doit être détruit », suivi par des centaines de manifestants. Il est alors arrêté dans la rue devant les caméras, comme il l’a été à nouveau dimanche.

En février, il est condamné à cinq ans de prison avec sursis pour détournement de fonds dans une affaire — déjà jugée en 2013 et dont la décision, identique, avait été ensuite annulée — risquant d’entraver ses ambitions présidentielles pour 2018.

Régulièrement entarté ou couvert de désinfectant indélébile par des inconnus, Alexeï Navalny est souvent le sujet de reportages à charge diffusés aux heures de grande écoute sur des chaînes de télévision publiques.

Rejetant les décisions de ses procès actuels comme ceux des précédents, il a toujours assuré que rien ne viendrait enrayer sa motivation.

« Il y a des choses dans la vie pour lesquelles cela vaut la peine d’être arrêté », a-t-il déclaré dimanche sur Twitter, appelant ses partisans à continuer la lutte.

Par Guylain Gustave Moke

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