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RD CONGO: les politiques congolaises: responsables des massacres de Béni

Les massacres qui endeuillent depuis plus de deux ans la région de Beni sont le fait d’une « nébuleuse » derrière laquelle se cachent « des mains politiques congolaises » aux mobiles obscurs.

Pourquoi ces tueries ignobles ? Pourquoi et comment un groupe de rebelles ougandais peut-il se mettre à tuer impunément et sans distinction d’âge, de sexe, de profession ou bien de religion les citoyens congolais, c’est la question que tout le monde se pose? massacre_beni5

Beni et ses environs, dans le nord de la province du Nord-Kivu, sont le théâtre depuis octobre 2014 d’une succession de massacres de civils perpétrés essentiellement à l’arme blanche et ayant fait des centaines de morts : environ 700 selon l’ONU, jusqu’à 1.300 selon un collectif d’ONG, de syndicats et de représentants des confessions religieuses.

Les autorités congolaises et la Mission de l’ONU au Congo (Monusco), qui se sont montrées jusque-là incapables d’enrayer cette vague de violence, imputent ces tueries à une rébellion ougandaise musulmane mal connue, installée dans la région depuis des années, les Forces démocratiques alliées (ADF).

Plusieurs rapports d’experts ou de chercheurs, sans exonérer les ADF de leurs responsabilités, affirment que ceux-ci bénéficient de complicités locales, notamment au sein de l’armée congolaise, rendant la violence dans cette zone particulièrement difficile à comprendre.

Les ADF, c’est une mosaïque, c’est une nébuleuse, il faut mener des recherches pour qu’on circonscrive ce phénomène, pour qu’on le comprenne » afin de le combattre efficacement. Et le gouvernement Congolais se refuse de lancer á une telle opération.

Il y a aussi une main politique invisible dans les massacres de Beni. Il se trouve curieusement que les ADF ( comme le fut le cas de M23 et autres groupes rebelles) multiplie ses attaques á l’approche du processus électoral au pays. Le président Joseph Kabila se frappe la poitrine d’avoir sécurisé l’est du pays de la main de M23, alors que beaucoup de rapports indépendants affirment que les M23 béneficiaient de l’onction de ce dernier.

Il en va de soi, l’objectif des ADF paraît être politique alors que le pays traverse une crise politique profonde, exacerbée par le renvoi à une date non fixée de la présidentielle devant permettre l’élection d’un successeur à M. Kabila. Le mandat de ce dernier s’achève le 20 décembre et la Constitution lui interdit de se représenter. D’ailleurs, les ADF ont commencé à être (vraiment) un problème pour le pays ici à partir de juillet 2011 alors que les élections étaient programmées pour novembre 2011.

Plus alarmant est le fait que les ADF n’ont pas attaqué un centimètre carré de l’Ouganda depuis des années, il est regrettable que ce soient « les villages et les agglomérations congolaises qui fassent toujours les frais » de la violence.

L’enracinement des ADF en terre congolaise, par le truchement d’une autre milice hostile au président ougandais Yoweri Museveni avec laquelle le groupe fut allié, remonte à la fin de la décennie 1980. Localement, les rebelles ougandais, installés à l’abri de la forêt dense du massif montagneux du Ruwenzori, ont noué des relations commerciales et matrimoniales avec certaines familles.

Mais leur présence a toujours été un calvaire pour la population: recrutements forcés, taxes illégales prélevées par la milice, ainsi qu’aux nombreux crimes de sang dont elle s’est rendue coupable.

La vague d’enlèvements (environ un millier de personnes dont on est toujours sans nouvelles et d’assassinats imputés alors à la milice avait suivi une offensive militaire lancée contre elle et suspendue en 2012 pour concentrer l’effort guerrier contre un autre groupe armé, le M23, dans le sud du Nord-Kivu. Cette province est déchirée par les conflits depuis plus de vingt ans.

Le regain de violence depuis octobre 2014 a suivi l’essoufflement d’une nouvelle opération de l’armée congolaise contre les ADF après la chute du M23. Les ADF n’ayant jamais revendiqué la moindre action en territoire congolais, les buts qu’elles poursuivent restent difficiles à comprendre.

Par Guylain Gustave Moke

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À propos de Guylain Gustave Moke Munsche Mvula

Journaliste International,Analyste Politique, Guylain Gustave Moke vous invite á partager les Informations politiques credibles et dignes de foi. Parce que le monde n’a jamais changé aussi vite, l’actualité internationale est, chaque jour, plus difficile à décrypter. Les grilles de lecture toutes faites ne suffisent pas. Certains thèmes s’imposent parce que tout le monde en parle. D’autres sujets plus lointains peuvent éclairer les grandes questions du moment. Rien de ce qui nous arrive n’est intelligible sans tenir compte de notre place dans le monde, sans être à l’écoute de la planète. Je vous invite à enrichir notre débat dans un esprit libre et constructif.

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