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VENEZUELA: La marche pro-référendum de l’Opposition

L’opposition vénézuélienne espère mobiliser en masse jeudi lors de sa grande marche nationale pour exiger un référendum contre l’impopulaire président Nicolas Maduro, dont les partisans doivent aussi défiler afin de « défendre la révolution ».

A cette « prise de Caracas », comme l’appellent les antichavistes, du nom de l’ex-président Hugo Chavez (au pouvoir de 1999 à 2013) les soutiens du chef de l’Etat socialiste répondent par une contre-mobilisation baptisée « prise du Venezuela ». Les premiers rassemblements sont attendus à partir de 12H00 GMT.

Le Président du Venezuela Nicolas Maduro

Le Président du Venezuela Nicolas Maduro

Cette journée sous haute tension doit permettre à l’opposition de mesurer le niveau d’exaspération dans le pays et de compter ses soutiens. Car, lors des précédents appels à manifester, l’opposition n’a pas réussi à faire descendre massivement dans la rue.

Une faible mobilisation qui s’explique, selon les experts, par les longues heures passées par les habitants devant les magasins. Ils craignent aussi pour leur sécurité, en raison de l’imposant déploiement policier, dans un des pays les plus violents du monde.

En 2014, des manifestations antigouvernementales ont fait 43 morts et des centaines de blessés.

Le Venezuela fait face à une récession économique liée à l’effondrement des prix du pétrole, pourvoyeur de 96% des devises du pays. Faute de dollars pour importer, la pénurie d’aliments – mais aussi de médicaments – atteint un niveau dramatique : 80% sont manquants, selon l’institut Datanalisis.

A cette situation s’ajoute une crise politique et institutionnelle depuis la victoire de l’opposition aux législatives fin 2015.

– ‘Le tout pour le tout’ –

« L’opposition joue le tout pour le tout, cherche à démontrer que c’est une grande majorité du pays qui souhaite le changement. Le gouvernement est concentré sur sa stratégie de démoraliser, de démobiliser et de faire peur », a déclaré à l’AFP Diego Moya-Ocampos, expert du cabinet IHS à Londres.

Depuis des mois, les antichavistes réclament la tenue d’un référendum révocatoire en 2016. L’objectif de cette marche est d’intensifier la pression sur le gouvernement.

Car les autorités électorales ont dévoilé début août un calendrier qui rend quasiment impossible l’organisation cette année du référendum, évitant ainsi au parti socialiste au pouvoir d’éventuelles élections anticipées.

L’opposition accuse le Conseil national électoral (CNE) d’être à la solde du pouvoir.

La dernière étape nécessaire avant d’organiser le scrutin, c’est-à-dire la collecte de quatre millions de signatures en trois jours, n’aura lieu au mieux que « fin octobre », sans plus de précision. Ensuite les autorités auront environ un mois pour vérifier les signatures et s’il les valide, le référendum révocatoire sera organisé dans les 90 jours suivants.

Cette question du calendrier est cruciale. Si le vote est organisé avant le 10 janvier 2017 et couronné de succès, comme le prédisent les sondages, de nouvelles élections seront organisées. Mais s’il se tient après cette date, et que le président est révoqué, il pourra être remplacé par son vice-président.

Selon le cabinet Venebarometro, 64% des électeurs voteraient contre Nicolas Maduro.

– Attiser la violence –

Les deux camps, qui se disent pacifiques, s’accusent mutuellement d’attiser la violence.

Le leader de l’opposition Henrique Capriles, qui attend un million de personnes jeudi, a estimé que le gouvernement était « désespéré » et avait « peur » du niveau de mobilisation.

« Le changement arrive car le peuple veut révoquer la faim, l’insécurité et le manque de médicaments », a assuré Jesus Torrealba, porte-parole des antichavistes, réunis sous la coalition de la Table de l’unité démocratique (MUD, centre droit).

Accusant les antichavistes de planifier un « coup d’Etat » au lendemain de la destitution de Dilma Rousseff, avec qui il établit un parallèle, M. Maduro a menacé d’emprisonner les dirigeants de l’opposition en cas de violences jeudi. « Qu’ils pleurent ou qu’ils crient, ils iront en prison ! », a-t-il prévenu. Mercredi soir, il a menacé de demander la levée de l’immunité de certains parlementaires « pour combattre toutes activités putschistes ».

Ces derniers jours, les autorités ont déjà arrêté deux autres leaders antichavistes : Yon Goicoechea, accusé de transporter des explosifs pour la manifestation, et Carlos Melo.

Par ailleurs, l’ancien maire de Caracas d’opposition Daniel Ceballos a été renvoyé en prison pour avoir planifié sa fuite et préparé des actes violents, selon le gouvernement.

Autre signe de fébrilité du gouvernement: l’expulsion de plusieurs correspondants de médias étrangers arrivés au Venezuela pour couvrir la manifestation, selon le syndicat des journalistes.

Par Guylain Gustave Moke

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À propos de Guylain Gustave Moke Munsche Mvula

Journaliste International,Analyste Politique, Guylain Gustave Moke vous invite á partager les Informations politiques credibles et dignes de foi. Parce que le monde n’a jamais changé aussi vite, l’actualité internationale est, chaque jour, plus difficile à décrypter. Les grilles de lecture toutes faites ne suffisent pas. Certains thèmes s’imposent parce que tout le monde en parle. D’autres sujets plus lointains peuvent éclairer les grandes questions du moment. Rien de ce qui nous arrive n’est intelligible sans tenir compte de notre place dans le monde, sans être à l’écoute de la planète. Je vous invite à enrichir notre débat dans un esprit libre et constructif.

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