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PHILIPPINES: -L’élection de Duterte-: manifestation du populisme

L’élection de Rodrigo Duterte aux Philippines n’est selon certains experts qu’une manifestation de plus d’une vague mondiale de populismes à l’heure où, désenchantés par les partis traditionnels, les électeurs plébiscitent les réponses simples aux problèmes complexes.

Le nouveau président élu des Philippines: Mr Rodrigo Duterte

Le nouveau président élu des Philippines: Mr Rodrigo Duterte

Fort de son bilan à la mairie de la grande ville méridionale de Davao, l’avocat de 71 ans a ravi la présidence après une campagne percutante, en prônant des solutions expéditives aux fléaux de la délinquance, de la pauvreté ou de la corruption.

L’homme qui est accusé d’avoir créé dans sa ville des escadrons de la mort qui ont fait plus d’un millier de morts a ainsi promis en six mois d’éradiquer la criminalité.

Ses grossièretés – il a qualifié le pape de « fils de pute » -, ses mauvaises plaisanteries sur le viol et son impulsivité – il a menacé de rompre avec Sydney et Washington – n’ont fait que renforcer l’attrait de ses solutions toutes faites et lui ont valu d’être comparé au candidat américain Donald Trump.

En Europe aussi, de nombreux mouvements capitalisent à l’extrême droite sur l’exaspération des populations face à l’impuissance présumée de leurs élites.

« Les gens veulent du changement. Ils veulent une rupture avec le passé. Ils sont exaspérés », analyse Earl Parreno de l’Institut pour la réforme politique et économique, basé à Manille.

« Ils veulent quelqu’un comme Duterte qui leur promet que tout sera réglé dans trois à six mois. »

En dépit d’une croissance économique moyenne de 6% dans l’archipel, un quart des Philippins vit toujours avec moins de 1,30 dollars par jour. Et les écarts de richesse se creusent.

– Amplifié par les réseaux sociaux –

« Les gens veulent tellement ce changement qu’ils sont prêts à prendre des risques pour l’obtenir », ajoute M. Parreno.

« La question n’est pas de savoir si ce changement sera pour le meilleur ou pour le pire. Ils veulent un changement, même sans savoir ce sur quoi il débouchera. »

Les Philippines ont une longue habitude des chefs d’Etat controversés, mais personne n’était allé aussi loin que Rodrigo Duterte pendant sa campagne.

« Les démagogues ne séduisent pas l’électorat avec une évaluation rationnelle du risque comme tendent à le faire les hommes politiques classiques », estimait récemment Richard Ashby Wilson, professeur d’anthropologie et de droit à l’Université du Connecticut.

« Au contraire, ils surfent sur les menaces existantes, adoptent un discours de victimisation et jouent sur le désespoir », écrivait-il sur le site theconversation.com.

Quand Donald Trump joue sur la peur des Mexicains et des musulmans, les populistes d’Europe montrent les migrants du doigt, et Rodrigo Duterte, lui, prend pour cible « les dealers, les braqueurs et les vauriens ».

Pour Francisco Magno, président de l’Association philippine pour les sciences politiques, l’intolérance des populistes est aujourd’hui amplifiée par les réseaux sociaux, où la complexité n’a pas sa place: « Tout y est noir ou blanc, fort ou faible. »

A l’instar de Donald Trump, Rodrigo Duterte fait des discours truffés de phrases incomplètes et spontanées, qui passent d’un sujet à l’autre, comme s’ils étaient un gage de sincérité.

La montée en puissance des démagogues n’est que la manifestation d’un désenchantement massif envers les élites, rappelle Ian McAllister, politologue à l’Université nationale australienne.

« Nous assistons depuis 10 à 15 ans à la montée en puissance d’hommes politiques +anti-hommes politiques+, des gens qui disent ce qu’ils pensent. »

Pour autant les campagnes populistes se traduisent rarement par des révolutions, une fois ces démagogues au pouvoir, estime Simon Tormey de l’Université de Sydney.

« En accédant au gouvernement, ils se retrouvent souvent englués dans la réalité du pouvoir », observe-t-il. « L’énergie des populistes semble disparaître face aux exigences des intérêts particuliers et au poids de la bureaucratie. »

Par Guylain Gustave Moke

Analyste Politique

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À propos de Guylain Gustave Moke Munsche Mvula

Journaliste International,Analyste Politique, Guylain Gustave Moke vous invite á partager les Informations politiques credibles et dignes de foi. Parce que le monde n’a jamais changé aussi vite, l’actualité internationale est, chaque jour, plus difficile à décrypter. Les grilles de lecture toutes faites ne suffisent pas. Certains thèmes s’imposent parce que tout le monde en parle. D’autres sujets plus lointains peuvent éclairer les grandes questions du moment. Rien de ce qui nous arrive n’est intelligible sans tenir compte de notre place dans le monde, sans être à l’écoute de la planète. Je vous invite à enrichir notre débat dans un esprit libre et constructif.

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