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CONGO:-Présidentielle-: La Victoire certaine de M. Sassou Nguesso

 

Neuf candidats, parmi lesquels une femme, sont en lice pour le scrutin de dimanche. M. Sassou Nguesso, qui cumule plus de 32 ans au pouvoir, brigue un troisième mandat présidentiel.

Disant craindre des fraudes, cinq rivaux de M. Sassou Nguesso à la présidentielle du 20 mars ont mis sur pied leur propre « commission électorale » pour surveiller le scrutin de dimanche et compiler les résultats en parallèle de la Commission nationale électorale indépendante (CNEI) qu’il jugent inféodée au pouvoir.

Le Président Congolais Denis Sassou Nguesso

Le Président Congolais Denis Sassou Nguesso

La candidature de M. Sassou Nguesso a été rendue possible grâce à un changement de constitution ayant fait sauter les deux verrous qui lui interdisaient de se représenter. La nouvelle loi fondamentale est entrée en vigueur en novembre après son adoption lors d’un référendum qualifié de « coup d’Etat constitutionnel » par les opposants au chef de l’Etat, qui avaient appelé à boycotter le scrutin et qui en ont rejeté les résultats.

Le 5 mars, lors du lancement de sa campagne, le président avait promis à ses partisans de l’emporter dès le premier tour. « Le 20 mars, ça sera un penalty tiré et marqué et puis c’est la victoire », avait-il déclaré.

L’Union européenne a décidé de ne pas envoyer d’observateurs à la présidentielle anticipée du 20 mars et le Parti socialiste français a appelé à la mise en place d’une transition pour préparer l’avènement d’une nouvelle équipe dirigeante à Brazzaville.

Dans ce contexte-là, l’Union européenne délégue l’angolais José Edouardo dos Santos. Dans le camp du pouvoir, La présence de  l’angolais José Edouardo dos Santos, est un soutien a valeur de véritable aubaine. C’est d’ailleurs ce sentiment qui explique la jubilation qui a gagné le camp du pouvoir.

Mais comme rien n’est jamais simple dans la vie politique au Congo, le soutien de Dos Santos est diversement interprété. La majorité présidentielle, structurée autour du Parti congolais du travail (PCT), y voit le signe d’une préférence angolaise, voire un réel adoubement. Une victoire symbolique sur le camp d’en face.

En revanche, les opposants lisent dans la position de Dos Santos un signal de neutralité. L’homme fort de Luanda a simplement dit qu’il n’y aura pas d’intervention angolaise au Congo. Peu importe ce qu’il arrive après le dimanche 20 mars. Pourquoi une telle différence d’interprétation entre les camps rivaux ?

Au Congo-Brazzaville, l’Angola n’est pas seulement le voisin géographique, ni même le « grand frère militaire », auréolé de sa victoire sur le colonisateur portugais. Il n’y a pas si longtemps, Luanda était un acteur majeur de la vie politique congolaise. C’est l’implication militaire de l’Angola qui a fait basculer, en octobre 1997, le rapport de force pendant la guerre civile en faveur de Denis Sassou Nguesso.

Un témoin clé raconte ainsi cet épisode cocasse des relations angolo-congolo-françaises. La scène se déroule début octobre 1997 : la médiation entre belligérants congolais, assurée par le Gabonais Omar Bongo Ondimba, peine à mettre en place un compromis acceptable pour tous. Le doyen Bongo Ondimba s’étrangle de colère.

A Paris, Jacques Chirac est tout aussi impatient. Il subit d’intenses pressions de Loïk Le Floch-Prigent, PDG d’Elf Aquitaine (pompe à fric de la Françafrique, devenue Total) pour mettre fin à la guerre et permettre de poursuivre sereinement l’exploitation des réserves pétrolières congolaises. Un matin, Chirac, excédé, appelle le président Lissouba, rival de Sassou Nguesso, et lui ordonne de mettre le cap sur Libreville pour la rencontre de la dernière chance avec le médiateur. Pascal Lissouba s’y refuse : il vient de signer l’acte de décès de son régime.

Car, après la désobéissance du chef de l’Etat congolais, Paris actionne aussitôt Dos Santos qui envoie au Congo des milliers des soldats. Le 15 octobre 1997, s’ouvre l’ère Sassou II, grâce à la France de Jacques Chirac et à l’Angola de Dos Santos. Pascal Lissouba, qui prend alors le chemin de l’exil, pose ses valises à Londres d’où, fatigué de parler l’anglais tous les jours, il revient emménager dans un hôtel particulier de la rue Prony dans le XVIIe arrondissement de Paris. Vingt ans plus tard, Sassou est toujours au pouvoir et se prépare à s’y maintenir, alors que Pascal Lissouba s’est installé à Clermont-Ferrand, dans le centre de la France.

Cependant, le résultat de l’élection présidentielle de dimanche au Congo est connu d’avance ». L’opposition soutient qu’une victoire de M. Sassou Nguesso à l’issue du premier tour relèverait de la « tricherie ».

Par Guylain Gustave Moke

Analyste Politique/Ecrivain

Expert aux Affaires Africaines

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À propos de Guylain Gustave Moke Munsche Mvula

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