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CONGO: Un référendum sur une nouvelle Constitution

Le président Denis Sassou Nguesso, qui cumule plus de 30 ans au pouvoir en République du Congo, a annoncé mardi vouloir soumettre à référendum une nouvelle Constitution susceptible de lui permettre de briguer un nouveau mandat, l’opposition l’accusant d’ouvrir « une grave crise ». denis_sassou_nguesso_5

« J’ai décidé de donner la parole directement au peuple afin qu’il se prononce sur le projet de loi énonçant les principes fondamentaux de la République […] et fixant les nouvelles formes d’organisation et les nouvelles règles de fonctionnement de l’État », a déclaré M. Sassou dans un message diffusé sur la radio et la télévision publiques.

Après la trêve politique observée pendant les Jeux africains, qui se sont tenus à Brazzaville du 4 au 19 septembre, le président, âgé de 72 ans, n’a guère laissé aux opposants au changement de Constitution le temps de fourbir leurs armes. Sans donner de dates précises, il a annoncé la mise en place d’une commission chargée d’adopter un « projet de Constitution » et la convocation d’un « scrutin référendaire » dans un avenir « proche ».

Cette « démarche […] plonge le pays dans un chaos et dans une grave crise », a affirmé Clément Miérassa, dirigeant d’un parti d’opposition membre du Front républicain pour le respect de l’ordre constitutionnel et l’alternance démocratique (FROCAD). Frappé par la limite d’âge et l’interdiction – inscrite dans la Constitution de 2002 – d’exercer plus de deux mandats présidentiels, M. Sassou ne peut aujourd’hui se présenter à la prochaine présidentielle censée avoir lieu mi-2016.

En juillet, quelques centaines de délégués ayant répondu à son invitation de « dialogue national » (dénoncé et boudé par la majorité de l’opposition)avaient recommandé l’écriture d’une nouvelle Constitution sans limite d’âge maximal pour les candidats à la présidentielle, ni restriction du nombre de mandats autorisés à un chef de l’État.

M. Sassou cumule plus de trente ans à la tête du pays. Il a dirigé le Congo à l’époque du parti unique, de 1979 jusqu’aux élections pluralistes de 1992, qu’il a perdues. Revenu au pouvoir en 1997 à l’issue d’une violente guerre civile, il a été élu président en 2002 et réélu en 2009. –

‘Non au troisième mandat’ –

« Nous avons toujours crié haut et fort: non au référendum, non au changement de la Constitution et non au troisième mandat du président Sassou Nguesso », a déclaré M. Miérassa, président du Parti social démocrate congolais (PSCD). « Nous restons dans cette logique. Nous allons demander à la population de résister, pacifiquement et par les moyens que nous offre la Constitution en vigueur, contre ce coup d’État constitutionnel », a-t-il assuré.

La question de la révision des lois fondamentales est au cœur du débat politique dans plusieurs pays d’Afrique centrale dont les dirigeants font face à plus ou moins brève échéance à l’obligation de céder la place. Dans ces pays, certains opposants veulent voir dans la chute du président burkinabè Blaise Compaoré – chassé du pouvoir par le peuple à Ouagadougou en octobre pour avoir tenté une modification constitutionnelle qui lui aurait permis de briguer un nouveau mandat – l’annonce de difficultés pour les chefs d’États qui chercheraient à s’accrocher au pouvoir.

Le récent putsch au Burkina Faso et la violence qui s’intensifie au Burundi après le passage en force du président Pierre Nkurunziza, reconduit dans ses fonction en juillet à l’issue d’une élection jugée invalide par la majorité de la communauté internationale, leur rappellent cependant qu’il y a loin de la coupe aux lèvres.

Au Rwanda, les autorités ont désigné le 10 septembre une commission de chargée d’élaborer un projet de réforme de la Constitution devant notamment permettre au président Paul Kagame de briguer un 3e mandat en 2017. En République démocratique du Congo voisine, la Constitution interdit au président Joseph Kabila de se représenter en 2016, mais le chef de l’État entretient le doute sur ses intentions, et ses opposants l’accusent de chercher à tout faire pour se maintenir en place, quitte à retarder les échéances électorales.

Par Guylain Gustave Moke

WordPress/AFP

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À propos de Guylain Gustave Moke Munsche Mvula

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