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FRANCE: Les dirigeants africains, en deuil de Mandela, en sommet à Paris

Une quarantaine de dirigeants africains, sous le choc de la disparition de Nelson Mandela, se réunissent vendredi à Paris pour un sommet axé sur la sécurité, au moment où la France s’engage militairement en Afrique pour la deuxième fois en moins d’un an.5b334172ee1a151d086306e5dd58dfc5b1aedfff[1]

Drapeaux en berne, hommages et avalanche de réactions: la mort de Nelson Mandela va peser sur le sommet convoqué de longue date par le président François Hollande. Selon son entourage, ce dernier devait rendre hommage à Mandela au début du sommet à l’Elysée à 13H00 GMT.

« Sa mort va sans doute peser sur le sommet (mais) son thème (paix et sécurité) fait que ce devrait être un grand moment de concertation, de prise de responsabilité pour nous tous », a declaré le président congolais Denis Sassou Nguesso. « Ce serait une forme d’hommage à Mandela qui a passé toute sa vie à lutter pour la libération des peuples africains et la paix », a-t-il estimé.

Le sommet de l’Elysée s’ouvre quelques heures seulement après le début d’une opération militaire française en Centrafrique, où l’ancienne puissance coloniale va déployer 1.200 soldats, moins d’un an après avoir engagé plus de 4.000 militaires au Mali en janvier.

En Centrafrique, les soldats français agiront en soutien d’une force panafricaine, sous-équipée et mal formée, qui s’est avérée incapable de rétablir l’ordre dans un pays plongé dans le chaos depuis le renversement en mars du président François Bozizé.

Longtemps accusée de jouer au « gendarme » dans son pré carré, la France se défend en soulignant que, contrairement au passé, au Mali comme en Centrafrique, son action a reçu le soutien de l’Union africaine (UA), de l’Union européenne (UE) et de l’ONU, représentées au plus haut niveau au sommet « Pour la Paix et la Sécurité en Afrique ».

Pour la France, ces deux interventions, lourdes financièrement, démontrent la nécessité que les Africains se dotent d’une capacité de défense commune.

« C’est aux Africains d’assurer leur sécurité. Malheureusement beaucoup de ces pays ne disposent pas des forces nécessaires et le continent africain jusqu’à présent n’a pas pu s’organiser pour qu’il y ait une force commune », déplore le chef de la diplomatie française Laurent Fabius.

Force de réaction rapide africaine

Annoncée en mai lors d’un sommet de l’UA à Addis Abeba, la création d’une force de réaction rapide africaine pourrait être relancée à l’occasion du sommet de Paris après avoir fait l’objet de rencontres politiques et militaires ces dernières semaines entre pays africains, comme l’Afrique du Sud, le Tchad, l’Ethiopie, le Ghana ou le Sénégal.

La France serait prête à « contribuer pour permettre à une telle force d’être rapidement opérationnelle », « soit directement soit en poussant d’autres, comme l’UE et les Nations unies, à le faire », selon l’entourage du président français.

Pour Paris, l’enjeu sécuritaire est primordial. « La sécurité de l’Afrique, c’est aussi la sécurité de l’Europe », répète à l’envi Paris, en mettant en avant une « proximité » géographique mais aussi des menaces communes. La lutte contre le terrorisme, enjeu majeur pour plusieurs pays du Sahel, comme le Mali et le Niger, mais aussi pour la Corne de l’Afrique, devrait également être au coeur des débats, tout comme le combat contre la piraterie et les trafics (drogue, armes).

Des menaces transversales qui freinent le développement économique d’un continent en pleine croissance où la France a perdu la moitié de ses parts de marché en dix ans au profit de la Chine et d’autres pays émergents.

Au total, 53 pays africains seront représentés au sommet de Paris, seul le Zimbabwe ayant décliné l’invitation. Son président Robert Mugabe a été jugé persona non grata par Paris, tout comme cinq autres chefs d’Etat (Soudan, Guinée-Bissau, Centrafrique, Madagascar et Egypte).

Pour François Hollande, il s’agit de montrer que la France est sortie de son face-à-face, parfois trouble voire opaque, avec ses anciennes colonies.

Mais Antoine Glaser, expert des relations franco-africaines, reste dubitatif. « Depuis la chute du mur de Berlin (1989), chaque président de gauche ou de droite, François Mitterrand, Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy, François Hollande, a parlé de rupture, de changement de direction. Dans les faits, il n’y a pas de nouvelle politique. La politique africaine de la France, c’est toujours celle des militaires français », dit-il.

Outre la sécurité, le sommet a pour autres thèmes le partenariat économique et les changements climatiques. Il sera suivi d’une session restreinte de chefs d’Etats sur la Centrafrique.

Par Guylain Gustave Moke

WordPress/AFP

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À propos de Guylain Gustave Moke Munsche Mvula

Journaliste International,Analyste Politique, Guylain Gustave Moke vous invite á partager les Informations politiques credibles et dignes de foi. Parce que le monde n’a jamais changé aussi vite, l’actualité internationale est, chaque jour, plus difficile à décrypter. Les grilles de lecture toutes faites ne suffisent pas. Certains thèmes s’imposent parce que tout le monde en parle. D’autres sujets plus lointains peuvent éclairer les grandes questions du moment. Rien de ce qui nous arrive n’est intelligible sans tenir compte de notre place dans le monde, sans être à l’écoute de la planète. Je vous invite à enrichir notre débat dans un esprit libre et constructif.

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