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COREE du NORD: L’oncle et mentor du dirigeant limogé, des proches exécutés

L’oncle du dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un, éminence grise de son neveu, a été limogé et plusieurs de ses collaborateurs passés par les armes, a révélé mardi le renseignement sud-coréen, un événement majeur aux conséquences imprévisibles pour le régime.b9e54fb04f69590c0d1c748146aea20ec9a2e257_0[1]

L’influent Jang Song-Thaek, 67 ans, a été démis de son poste de vice-président de la Commission de défense nationale, l’organe de décision le plus puissant du pays, a rapporté à la presse un député sud-coréen à l’issue d’une audition du Service national de renseignement (NSI) par un comité parlementaire.

Jang « a été récemment écarté de son poste et deux de ses proches, Ri Yong-Ha et Jang Soo-Kil, exécutés en public à la mi-novembre », a précisé Jung Cheong-Rae. Selon un autre parlementaire, ils ont été exécutés pour « activités antiparti ».

« Depuis (son limogeage), Jang Song-Thaek a disparu », a par ailleurs indiqué Jung Cheong-Rae.

Jang Song-Thaek a été pendant des décennies l’un des personnages clés du régime dirigé sans partage par trois générations de Kim depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Il avait notamment épaulé son neveu lors de ses premiers pas à la tête du pays.

Numéro deux du régime pour nombre d’experts, il était même, pour d’autres, le régent de Jong-Un, lequel, âgé d’à peine 30 ans, ne jouissait pas de l’expérience nécessaire à l’exercice du pouvoir dans un Etat reclus, sans cesse aux abois.

Yang Moo-Jin, professeur à l’université des études nord-coréennes à Séoul, évoque dans la mise à l’écart de Jang Song-Thaek « le plus important fait politique en Corée du Nord depuis l’arrivée au pouvoir de Kim Jong-Un ».

« Jang a joué un rôle crucial en aidant Kim Jong-Un à asseoir son pouvoir après la mort de son père, en lui servant de mentor », souligne-t-il.

Kim Jong-Un a succédé à son père Kim Jong-Il à la mort de ce dernier en décembre 2011 des suites d’une crise cardiaque. Kim Jong-Il présidait lui-même aux destinées de la Corée communiste depuis le décès en 1994 de son père Kim il-Sung, fondateur de la République populaire démocratique de Corée (RPDC) en 1948.

Probablement victime d’une première purge dans les années 1970, Jang était tombé en disgrâce en 2004 sous l’accusation de corruption, habituelle dans les jeux de pouvoir en Corée du Nord.

Envoyé en « rééducation » comme aciériste, il avait été réhabilité l’année suivante et promu en 2007 à la direction de l’administration au Parti des Travailleurs, ce qui lui donnait la haute main sur la police et la justice.

Il avait considérablement étendu son influence après l’attaque cérébrale de Kim Jong-Il en 2008, puis à sa mort trois ans plus tard.

Mais Jang était également présenté à l’étranger comme un modéré, voire un réformateur, à tout le moins au plan économique. L’interminable confrontation entre Pyongyang d’un côté, Séoul et ses alliés de l’autre, autour du programme nucléaire nord-coréen ont pu jouer un rôle dans sa mise au ban, avancent les spécialistes.

« Jang a visité la Corée du Sud où il a pu se faire une idée de la société capitaliste, et il a aussi assisté aux changements survenus en Chine », relève Kim Yong-Hyun, de l’université Dongguk à Séoul.

« C’était la personnalité la plus encline à militer agressivement pour la mise en place de réformes et l’ouverture du régime nord-coréen ».

Jang pourrait avoir perdu son bras-de-fer avec Choe Ryong-Hae, haut gradé et directeur du « politburo » de l’Armée populaire du Corée que Kim Jong-Un avait récemment chargé de le représenter à Pékin.

Les experts étaient très partagés sur le fait de savoir si l’éloignement de Jang, auquel Kim Jong-Un pourrait avoir été contraint, affaiblira ou renforcera son pouvoir personnel.

Pour Cheong Seong-Chang, de l’institut Sejong, « Kim Jong-Un a une prise très forte sur le pouvoir » après l’éviction de son oncle qui avait dû former avec ses comparses exécutés « un clan politique à part entière », synonyme de menace pour le jeune Kim.

L’épouse de Jang Song-Thaek et soeur de Kim Jong-Il, Kim Kyong-Hui, 67 ans, est elle aussi un personnage central du régime depuis 40 ans. En septembre 2010, elle avait été élevée au grade de général quatre étoiles, en même temps que Kim Jong-Un.

Des rumeurs la disaient l’an dernier en très mauvaise santé.

Par Guylain Gustave Moke

WordPress/AFP

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Journaliste International,Analyste Politique, Guylain Gustave Moke vous invite á partager les Informations politiques credibles et dignes de foi. Parce que le monde n’a jamais changé aussi vite, l’actualité internationale est, chaque jour, plus difficile à décrypter. Les grilles de lecture toutes faites ne suffisent pas. Certains thèmes s’imposent parce que tout le monde en parle. D’autres sujets plus lointains peuvent éclairer les grandes questions du moment. Rien de ce qui nous arrive n’est intelligible sans tenir compte de notre place dans le monde, sans être à l’écoute de la planète. Je vous invite à enrichir notre débat dans un esprit libre et constructif.

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