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CHINE: Xi Jinping- Un an Après

Un an après son accession à la tête de la Chine, le président Xi Jinping a dissipé toute illusion sur un assouplissement du régime et poursuit sa campagne de reprise en main d’un Parti communiste miné par une corruption menaçante pour le régime et les réformes.fa39f302d8405fc39043dacd2fd1c9632e7a17d2_1873889_465x348p[1]

Quand cet homme massif et de haute stature s’est avancé sur la scène du Palais du peuple à Pékin le 15 octobre 2012, il avait semblé annoncer un style nouveau, plus décontracté et direct que son prédécesseur Hu Jintao à la tête du Parti communiste chinois (PCC), et donc du pays.

Mais, tout de suite, il avait prévenu: la corruption généralisée qui accompagne la formidable croissance de la deuxième économie mondiale allait trouver son maître, c’était une question « de vie ou de mort » pour le Parti unique et le régime.

Au pouvoir depuis 1949, le PCC aura un siècle en 2021. Fondé par une poignée d’idéologues et d’activistes, c’est aujourd’hui le plus grand parti du monde avec 85 millions de membres, dont beaucoup sont plus attirés par les avantages réservés à cette élite que par la pensée de Mao Tsé-toung.

Depuis 12 mois, Xi Jinping a imprimé sa marque, celle de « l’importance absolument cruciale du maintien du pouvoir absolu » du PCC, selon Kenneth Lieberthal, de la Brookings Institution de Washington.
Dans son collimateur, les « mouches » et les « tigres », petits et hauts fonctionnaires corrompus. Dernier en date, le maire de Nankin a été le onzième dirigeant ayant un rang égal ou supérieur à celui de vice-ministre à être démis de ses fonctions et à faire l’objet d’une enquête par la redoutable police interne du PCC, prélude aux tribunaux.

Un temps son rival, Bo Xilai, ex-membre du Bureau politique et ancien patron du Parti à Chongqing (sud-ouest), à l’origine d’un retentissant scandale politico-criminel, a été condamné fin septembre à la prison à vie.

Tous les autres membres et dirigeants communistes sont invités par Xi Jinping, qui sillonne les provinces en y convoquant les responsables, à faire leur « examen de conscience », leur « autocritique » si nécessaire, et à dénoncer leurs camarades s’ils s’écartent du droit chemin.

Avec le retour à la « ligne de masse », censée mettre le PCC à l’écoute de la population, le nouveau secrétaire-général emprunte sans détour à la phraséologie maoïste, non sans inquiéter l’aile « libérale » du parti.  Autant de signaux montrant que Xi Jinping est « réellement inquiet » de la « détérioration » du parti unique, estime Kenneth Lieberthal.

Mais « essayer de diriger un système de parti unique où le parti lui-même manque d’esprit de corps et est complètement corrompu, c’est la recette d’un échec » annoncé, juge ce spécialiste de la Chine. Et la campagne anti-corruption attend encore les réformes structurelles susceptibles de contrer de puissantes coalitions d’intérêts, notamment entre entreprises d’État et gouvernements locaux.

« Vous attrapez 10 tigres, il en sort 100. Vous prenez 100 mouches, il en vient 1.000 », dit Bao Tong, ancien secrétaire d’un prédécesseur de Xi Jinping à la tête du parti, Zhao Ziyang, et passé dans l’opposition après quelques années de prison. « Notre système repose sur la corruption », dit-il. Pour lui, le vrai message de la campagne est de faire taire toute opposition au secrétaire-général: « Si vous ne m’écoutez pas, vous serez catalogués comme corrompus ».

Depuis un an, l’internet chinois, seul espace où s’exprimait une opinion publique naissante en dépit d’une stricte censure, fait l’objet d’un sévère tour de vis: les blogueurs les plus suivis sont intimidés et la police a arrêté quantité d’autres « netizens », dont certains avaient demandé que les dirigeants publient leurs avoirs.

Désormais, tout message jugé diffamatoire est passible de trois ans de prison s’il a été repoussé plus de 500 fois et consulté plus de 5.000 fois, a décidé en septembre la Cour suprême. « Beaucoup pensaient de Xi Jinping qu’il serait un réformiste, mais il a opté pour un tournant très conservateur », estime Jean-Pierre Cabestan, de la Hong Kong Baptist University.

Pour autant, en matière économique, Xi Jinping est toujours crédité d’une ambition réformiste et se réfère volontiers à Deng Xiaoping, successeur de Mao et père de l’ouverture chinoise. Le plénum du PCC conclu mardi dernier s’est engagé à donner un rôle « décisif » au marché, sans préciser encore le prochain train de réformes attendu.

A l’international, Xi Jinping –qui s’est entretenu avec Barack Obama en Californie en juin — s’est fait le champion d’une Chine forte en vantant le « rêve chinois » d’un retour à sa grandeur passée, tout en engageant un bras de fer avec le Japon, rival de toujours, sur des îles disputées.

Par Guylain Gustave Moke

WordPress/AFP

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À propos de Guylain Gustave Moke Munsche Mvula

Journaliste International,Analyste Politique, Guylain Gustave Moke vous invite á partager les Informations politiques credibles et dignes de foi. Parce que le monde n’a jamais changé aussi vite, l’actualité internationale est, chaque jour, plus difficile à décrypter. Les grilles de lecture toutes faites ne suffisent pas. Certains thèmes s’imposent parce que tout le monde en parle. D’autres sujets plus lointains peuvent éclairer les grandes questions du moment. Rien de ce qui nous arrive n’est intelligible sans tenir compte de notre place dans le monde, sans être à l’écoute de la planète. Je vous invite à enrichir notre débat dans un esprit libre et constructif.

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