//
you're reading...
Non classé

SYRIE: L’opposition prête à discuter à Genève

L’opposition syrienne s’est finalement résolue lundi à la quasi-unanimité à participer sous strictes conditions à d’éventuels pourparlers de paix à Genève avec le régime de Damas, une décision immédiatement saluée par ses soutiens américain et britannique.e96cd14a93b1e4231339169695c9c5e8108a03c3[1]

Au terme de trois jours de discussions à Istanbul, les différentes factions de la Coalition de l’opposition, jusque-là très réservées, ont confirmé lors d’un vote leur accord de principe à des négociations.

Dans un communiqué publié dans la nuit de dimanche à lundi, la Coalition a fait part de son « souhait de participer à la conférence sur la base d’un transfert intégral du pouvoir à condition que Bachar al-Assad et ceux qui ont du sang syrien sur les mains ne jouent aucun rôle dans la phase transitoire et dans l’avenir de la Syrie ».

Le régime de Damas a d’ores et déjà catégoriquement rejeté ce scénario.

Avant la réunion de son assemblée générale à Istanbul, le président de la principale vitrine politique des adversaires du régime syrien, Ahmad Jarba, avait posé la même condition pour s’asseoir à la table des discussions.

Comme l’avait également déclaré M. Jarba, la Coalition a exigé « qu’avant la conférence, l’accès aux zones assiégées (par l’armée) soit garanti » aux organisations humanitaires et exigé « la libération des détenus, principalement des femmes et des enfants ».

Un porte-parole de la Coalition, Louay Safi, a rejeté en outre lundi soir la présence de l’Iran. « Nous considérons que l’Iran est un pays qui occupe la Syrie », a estimé M. Safi.

En visite à Abou Dhabi, le secrétaire d’Etat américain John Kerry s’est réjoui du « grand et important pas en avant » accompli par l’opposition syrienne.

Son homologue britannique William Hague s’en est lui aussi « vivement réjoui ». « A la lumière de cette décision, nous allons leur fournir une aide concrète et politique pour les aider à conduire une délégation » à Genève, a ajouté M. Hague devant le Parlement.

Depuis plusieurs semaines, les pays occidentaux et arabes qui soutiennent à bout de bras la Coalition s’efforçaient de les convaincre de s’asseoir à la même table que le régime.

Si certains de ses membres se sont déclarés prêts à se rendre en Suisse, notamment les Kurdes syriens, d’autres le refusaient catégoriquement.

Difficultés persistantes

Le Conseil national syrien (CNS), sa principale branche, avait ainsi menacé de claquer la porte de la Coalition si certains de ses membres faisaient le voyage en Suisse. Une vingtaine de groupes rebelles combattant sur le terrain avaient également menacé de les juger pour « trahison » et de les exécuter.

Selon le chef de cabinet du président Jarba, nombre d’entre eux ont fini par se ranger à l’idée de négociations.

« La résolution a été votée à la quasi-unanimité. Le CNS a, à l’évidence, changé d’avis puisqu’il a voté pour », a indiqué  Monzer Akbik.

M. Akbik a également affirmé que certains groupes de l’Armée syrienne libre (ASL), avec lesquels la Coalition a engagé des consultations, avaient eux aussi donné leur accord au processus dit de Genève 2.

« Quand vous expliquez à certains groupes que la transition politique signifie un changement de régime, ils comprennent et sont d’accord », a-t-il dit, sans citer ces groupes.

Mais la résolution adoptée à Istanbul n’a pas levé toutes les réticences.

« Il reste encore quelques étapes importantes avant de nommer une délégation (pour Genève) », a ainsi insisté M. Safi, lui-même membre du CNS.

« Il faut que le régime s’engage à respecter le processus de Genève parce qu’aller à Genève pour discuter de tout et de rien ou partir de zéro n’a pas de sens », a ajouté le porte-parole. « Nous verrons bien ou cela nous mène (mais), pour être honnête, nous n’avons pas d’autre choix », a-t-il jugé.

L’opposition syrienne a achevé lundi soir sa réunion à Istanbul par la nomination d’un gouvernement de neuf ministres chargé, sous l’autorité du « Premier ministre » intérimaire Ahmad Tomeh, d’administrer les territoires syriens aux mains des rebelles.

En Syrie même, neuf enfants ont été tués lundi par des obus de mortiers dans deux quartiers majoritairement chrétiens du centre de Damas, selon les médias officiels qui ont mis en cause les « terroristes », le terme utilisé par le régime pour désigner les rebelles.

Depuis mars 2011, le conflit syrien a fait plus de 120.000 morts, selon l’OSDH, et des millions de réfugiés, selon l’ONU.

Par Guylain Gustave Moke

WordPress/AFP

Publicités

À propos de Guylain Gustave Moke Munsche Mvula

Journaliste International,Analyste Politique, Guylain Gustave Moke vous invite á partager les Informations politiques credibles et dignes de foi. Parce que le monde n’a jamais changé aussi vite, l’actualité internationale est, chaque jour, plus difficile à décrypter. Les grilles de lecture toutes faites ne suffisent pas. Certains thèmes s’imposent parce que tout le monde en parle. D’autres sujets plus lointains peuvent éclairer les grandes questions du moment. Rien de ce qui nous arrive n’est intelligible sans tenir compte de notre place dans le monde, sans être à l’écoute de la planète. Je vous invite à enrichir notre débat dans un esprit libre et constructif.

Discussion

Pas encore de commentaire.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :