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ETATS-UNIS: Première percée de la Crise budgétaire américaine

Le président américain Barack Obama et les républicains se sont rencontrés jeudi pour tenter d’éviter un défaut de paiement, une première discussion « productive » bien qu’infructueuse, et qui suscitait l’espoir d’une sortie de crise, au dixième jour de la paralysie fédérale. 273ce7c7bf3eee277423adca0fe6f9873eb799db_1814877_465x348[1]

A l’issue d’une réunion de plus d’une heure entre le président Barack Obama et 20 responsables républicains, le chef de la majorité de la Chambre des représentants, Eric Cantor, a semblé indiquer qu’une percée était en vue après 10 jours sans négociations. « Nos équipes vont continuer à se parler ce soir, nous aurons plus de discussions, le président a dit qu’il consulterait son administration, et j’espère que nous pourrons entrevoir une façon d’avancer ensuite », a déclaré ce responsable.

Les républicains ont proposé jeudi à Barack Obama un relèvement temporaire de la limite de la dette jusqu’au 22 novembre pour écarter le risque d’un défaut de paiement, mais sans inclure de mesure rouvrant entièrement l’Etat fédéral, paralysé depuis le 1er octobre.

Ils ont présenté ce plan jeudi au président mais « aucune décision définitive n’a été prise », selon le porte-parole du président de la Chambre John Boehner. Ce porte-parole, Brendan Buck, a salué une « conversation utile et productive ».

La Maison Blanche a rendu compte de la réunion dans des termes très neutres, en observant qu' »après une discussion sur les possibles façons d’aller de l’avant, aucun choix spécifique n’a été effectué ». De même source, « le président espère continuer à faire des progrès avec les membres des deux partis », démocrate et républicain.

Les républicains sont sous pression, l’opinion publique se rangeant majoritairement du côté de Barack Obama depuis le début de la crise. Selon un sondage NBC/Wall Street Journal publié jeudi, 53% des Américains estiment que les républicains sont responsables de la paralysie fédérale, contre 31% qui accusent Barack Obama.
En échange du relèvement de la limite de la dette, les républicains veulent l’ouverture de négociations sur le budget et une réforme des programmes sociaux, comme le système de retraite.

Avant la réunion entre les républicains et le président, le porte-parole de celui-ci, Jay Carney, a expliqué qu’il réservait son jugement sur cette proposition, même s’il « promulguerait sans doute » un relèvement de la dette à court terme. Il a en revanche répété que le dirigeant refusait de céder aux demandes de « rançon » de ses adversaires sur le budget.

L’annonce républicaine a été très favorablement accueillie par les marchés: les principaux indices de Wall Street ont bondi de plus de 2% et dans leurs roues, les bourses asiatiques ont grimpé nettement vendredi avec +1,16% pour Tokyo, +1,60% pour Hong Kong, +1,59% pour Sydney, +0,47% et +1,13% respectivement pour Shanghai et Séoul.

Elle a en revanche suscité une réaction mesurée des démocrates du Sénat, qui ont eux aussi rencontré M. Obama jeudi après-midi.

Leur chef de file, Harry Reid, a assuré à sa sortie du siège de l’exécutif que ses troupes étaient prêtes à « discuter de tout, absolument tout » avec les républicains après le vote d’un budget. Mais il a écarté l’idée de conditionner la fin de la paralysie de l’Etat à des négociations. « Cela n’aura pas lieu », a-t-il lancé.
Jeudi matin, le secrétaire au Trésor Jacob Lew avait prévenu le Congrès que prolonger la crise sur le plafond de la dette « pourrait être très dangereux ».

Actuellement d’environ 16.700 milliards de dollars, la limite de la dette a été atteinte en mai et le Trésor n’a pu continuer à emprunter que grâce à des mesures « extraordinaires ». Mais au-delà du 17 octobre, le Trésor a prévenu qu’il serait totalement incapable d’emprunter, et que ses ressources seraient limitées à une trésorerie d’environ 30 milliards de dollars et aux rentrées fiscales subséquentes.

Jeudi soir, le président Obama a signé la loi rétablissant le versement des indemnités dues aux familles de soldats tués, dont la suspension à cause de la paralysie budgétaire avait déclenché un scandale.
Le Sénat américain avait approuvé à l’unanimité jeudi cette mesure déjà adoptée par la Chambre des représentants, mettant fin à un épisode hautement embarrassant pour l’administration, le Congrès et le Pentagone.

Cependant, la mise en congés sans solde d’office de centaines de milliers de fonctionnaires a grippé les opérations de l’Etat. Dernière « victime » en date, la signature d’un accord entre la France et les Etats-Unis sur la lutte contre l’évasion fiscale, reportée selon le ministre français de l’Economie Pierre Moscovici.
Si aucun accord n’est trouvé, les tribunaux fédéraux, jusqu’ici épargnés, vont à leur tour fermer leurs portes à la fin de la semaine prochaine, a en outre prévenu l’administration.

De son côté, le président de la Banque centrale européenne (BCE), Mario Draghi, a jugé jeudi inimaginable qu’un accord budgétaire ne soit pas trouvé, et mis en garde contre « de graves dommages à l’économie américaine et mondiale » si la crise se prolongeait.

Par Guylain Gustave Moke

WordPress/AFP

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À propos de Guylain Gustave Moke Munsche Mvula

Journaliste International,Analyste Politique, Guylain Gustave Moke vous invite á partager les Informations politiques credibles et dignes de foi. Parce que le monde n’a jamais changé aussi vite, l’actualité internationale est, chaque jour, plus difficile à décrypter. Les grilles de lecture toutes faites ne suffisent pas. Certains thèmes s’imposent parce que tout le monde en parle. D’autres sujets plus lointains peuvent éclairer les grandes questions du moment. Rien de ce qui nous arrive n’est intelligible sans tenir compte de notre place dans le monde, sans être à l’écoute de la planète. Je vous invite à enrichir notre débat dans un esprit libre et constructif.

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