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AZERBAIDJAN: La présidentielle — un scrutin sous contrôle

Ilham Aliev L’Azerbaïdjan votait mercredi pour élire son président, dans un scrutin sous contrôle où le chef de l’Etat sortant Ilham Aliev, qui a déjà effectué deux mandats après avoir succédé à son père en 2003, est donné grand favori. 7b3d624003ba967416beccf4221f4a979d289da0_1811767_465x348[1]

Les bureaux de vote ont ouvert à 03H00 GMT, et les premiers résultats partiels devraient être connus peu après leur fermeture à 14H00 GMT, selon la Commission électorale centrale. « L’élection présidentielle se déroule de manière assez active », s’est félicité le chef de la Commission électorale centrale, Mazahir Panakhov, après le début du vote.

L’opposition a pour sa part dénoncé une vague de répression à l’approche de l’élection où dix candidats sont en lice pour la présidence de cette ex-république soviétique du Caucase du Sud. La campagne électorale était quasiment invisible dans ce pays riche en hydrocarbures, les affiches électorales n’occupant que des emplacements agréés, et la télévision nationale, étroitement contrôlée, ne faisait que peu mention du scrutin.

Le président sortant Ilham Aliev, 51 ans, est pratiquement assuré de remporter la présidentielle, les derniers sondages lui accordant plus de 80% d’intentions de vote, loin devant les neuf autres candidats.
M. Aliev, qui a succédé à son père en 2003 et a été réélu en 2008 pour un deuxième quinquennat, avant d’obtenir par référendum en 2009 la levée de la limitation à deux du nombre des mandats présidentiels consécutifs, n’a guère fait campagne. Ses partisans affirment que ses résultats économiques parlent pour lui.

Grâce aux milliards de dollars de la manne pétrolière, le niveau de vie dans ce pays d’un peu moins de 10 millions d’habitants a cru régulièrement ces dernières années, alors que l’Azerbaïdjan devenait un fournisseur d’hydrocarbures de plus en plus important pour l’Europe.

Avant M. Aliev, son père Heydar Aliev, ancien du KGB (Sécurité d’Etat du temps de l’URSS) et membre du Politburo du Parti communiste de l’Union soviétique, avait dirigé l’Azerbaïdjan presque sans interruption de 1969 à 2003.

Près de 52.000 observateurs locaux et internationaux vont surveiller le déroulement de l’élection où quelques 5 millions d’électeurs sont convoqués aux urnes. « Bien sûr, je vais voter pour notre président actuel Ilham Aliev », a déclaré Rizvan Samedov, 25 ans,directeur de marketing. « Sous sa direction, le pays s’est vraiment développé ». Samaya Alekperova, enseignante, votera pour le candidat commun de l’opposition. « J’ai perdu confiance dans les autorités actuelles », dit-elle.

Les opposants ont dénoncé une campagne de répression à l’approche du scrutin, avec nombre d’arrestations et des lois adoptées pour bâillonner toute critique jusque sur l’internet. Amnesty International a dénoncé une « spirale de repression » à la veille de la présidentielle, qui a ciblé « ONG, médias, groupes critiques et pro-démocratie ainsi que partis d’opposition ».

Habituellement divisée, l’opposition, dont la plus grande partie avait boycotté l’élection de 2008, a réussi en mai à s’entendre pour soutenir un candidat commun. Le scénariste Rustam Ibragimbekov a d’abord été pressenti avant d’être refusé par la commission électorale en raison de sa double nationalité, russe et azerbaïdjanaise. L’opposition s’est alors reportée sur l’historien et ancien député Jamil Hasanli.

Celui-ci, qui a mobilisé des milliers de partisans lors de meetings, a promis de démissionner le cas échéant deux ans après son élection, et d’instaurer en Azerbaïdjan un système parlementaire. Lors de brèves apparitions dans des débats, M. Hasanli, 61 ans, a accusé Ilham Aliev d’avoir laissé fleurir la corruption, et a estimé que seule la fraude pouvait lui apporter la victoire. « Si les élections étaient libres, démocratiques et honnêtes, je les remporterais, je n’en ai aucun doute », a affirmé M. Hasanli.

Le gouvernement a balayé les accusations de l’opposition et, malgré la présence d’observateurs européens, la critique du scrutin risque d’être peu relayée en raison de l’importance stratégique des hydrocarbures de l’Azerbaïdjan pour les Occidentaux.

Le régime azerbaïdjanais a réussi jusqu’à présent à garder un équilibre entre ses clients occidentaux et son grand voisin du nord, la Russie.

Les experts estiment cependant qu’avec des revenus pétroliers qui devraient s’affaiblir et de nouveaux champs gaziers qui sont encore à mettre en exploitation, Ilham Aliev pourrait avoir plus de mal qu’auparavant à contenir le mécontentement suscité par la corruption et les inégalités.

Par Guylain Gustave Moke

WordPress/AFP

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Journaliste International,Analyste Politique, Guylain Gustave Moke vous invite á partager les Informations politiques credibles et dignes de foi. Parce que le monde n’a jamais changé aussi vite, l’actualité internationale est, chaque jour, plus difficile à décrypter. Les grilles de lecture toutes faites ne suffisent pas. Certains thèmes s’imposent parce que tout le monde en parle. D’autres sujets plus lointains peuvent éclairer les grandes questions du moment. Rien de ce qui nous arrive n’est intelligible sans tenir compte de notre place dans le monde, sans être à l’écoute de la planète. Je vous invite à enrichir notre débat dans un esprit libre et constructif.

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