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JAPON: les garde-côtes chinois font monter la tension

Quatre navires des garde-côtes chinois ont patrouillé vendredi matin autour d’un petit archipel administré par le Japon en mer de Chine orientale, faisant craindre encore plus la possibilité d’un incident armé à tout moment entre les deux pays, dont les relations sont très tendues depuis plusieurs mois.

Bien que la Chine envoie régulièrement depuis des mois des navires autour des îles Senkaku, revendiquées par Pékin sous le nom de Diaoyu, c’est la première fois qu’elle y dépêche des bâtiments appartenant à cette unité. df347d79e0f64e4a62a84832bbf088b0a75c01af[1]

Vers 13H30 locales (04H30 GMT), les quatre navires ont quitté au bout de trois heures les eaux territoriales.

Le 24 juillet, quatre navires des garde-côtes chinois s’étaient approchés de ces eaux, mais en étaient restés à la limite.

Cette semaine, la presse chinoise a annoncé le regroupement de plusieurs unités maritimes (administration des pêches, douanes, surveillance maritime) sous l’appellation unique d’un corps de garde-côtes.

Ce changement risque potentiellement d’accroître le nombre de navires armés dans cette région, où certains redoutent, notamment aux Etats-Unis, un incident sérieux entre Japonais et Chinois.

« Maintenant qu’ils naviguent sous le label +garde-côtes+, ces navires seront autorisés à embarquer un armement léger », indique Arthur Ding, un chercheur universitaire de Taïwan.

A cause de ce différend, les relations sino-nippones sont au plus bas depuis qu’en septembre dernier le Japon a nationalisé trois des cinq îles de cet archipel en les achetant à leur propriétaire privé japonais.

Cette initiative avait déclenché une semaine de manifestations antijaponaises, dont certaines violentes, dans de nombreuses villes de Chine.

Pékin avait même annulé les festivités prévues à l’automne 2012 pour marquer le 40ème anniversaire de la normalisation des relations entre les deux pays.

Depuis son retour au pouvoir en décembre dernier après un premier passage raté à la primature (2006-2007), M. Abe, considéré comme un nationaliste intransigeant, a fait augmenter le budget militaire du Japon et prévenu qu’il voulait amender la Constitution pacifiste imposée au pays par l’occupant américain après la capitulation nippone de 1945.

A peine revenu aux affaires, il a annoncé une ligne ferme sur le contentieux maritime avec Pékin, allant jusqu’à prévenir en avril que le Japon repousserait au besoin « par la force » tout débarquement chinois sur les Senkaku.

A ce jour, il n’a toujours pas rencontré ses homologues chinois.

Auréolé de sa large victoire aux sénatoriales de dimanche dernier, qui lui assure le contrôle des deux Chambres du Parlement, il a promis dès le lendemain une « diplomatie forte ».

« Je suis résolu à répondre à l’appel de la population. Je veux et vais résolument montrer la présence (du Japon) au monde », avait-il averti.

Face aux tensions maritimes croissantes connues par la Chine avec le Japon mais aussi avec d’autres pays, riverains de la mer de Chine méridionale, Barack Obama lui-même a mis en garde mi-juillet la Chine contre l’usage de la force ou de l’intimidation dans ses conflits maritimes avec ses voisins. Devant des responsables chinois à Washington, il avait « pressé la Chine de gérer pacifiquement ses conflits maritimes avec ses voisins, sans utiliser l’intimidation ou la coercition ».

Quelques jours plus tôt, dans son livre blanc annuel de la Défense, le Japon avait pour sa part dénoncé une nouvelle fois le « comportement dangereux » de la Chine.

Tokyo avait entre autres rappelé le cas fin janvier d’une frégate chinoise qui avait « verrouillé » son radar de tir sur un destroyer japonais au large des Senkaku, une action préalable à l’engagement de tir.

Et alors que Shinzo Abe avait rapidement fait adopter un budget militaire de 52 milliards de dollars pour 2013-2014 (38,7 milliards d’euros), en hausse pour la première fois depuis onze ans, Tokyo annonçait parallèlement son intention de constituer une force spéciale de 600 hommes et 12 navires pour surveiller et protéger l’archipel des Senkaku. Elle sera complète d’ici trois ans.

Preuve de la détermination japonaise, le ministère de la Défense a estimé vendredi que le Japon devait se doter de drones de surveillance maritime et d’unités amphibies pour protéger ses îles lointaines.

Par Guylain Gustave Moke

WordPress/AFP

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