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CHINE: Bo Xilai inculpé pour corruption et abus de pouvoir

Le dirigeant déchu Bo Xilai, au coeur d’un des plus vastes scandales politiques en Chine depuis des décennies, est inculpé pour corruption et abus de pouvoir, a annoncé l’agence officielle Chine nouvelle.

Ancien responsable du Parti communiste dans la métropole de Chongqing (sud), Bo avait été démis de ses fonctions l’an dernier et fait l’objet d’une enquête pour corruption après l’implication de son épouse dans une affaire de meurtre. 8a84141aa1ad89d57b9e538c98a22bc6998eb0e0[2]

« L’exposé des chefs d’inculpation a été transmis » à un tribunal de Jinan, dans la province du Shandong (est), a indiqué Chine nouvelle, citant des procureurs de la ville.

Bo « a tiré avantage de sa position pour rechercher des profits » pour ses proches « et a accepté des sommes d’argent  extrêmement importantes  ainsi que des propriétés immobilières », a précisé l’agence, se référant au document.

« Il a également détourné de vastes montants d’argent public et abusé de son pouvoir », a poursuivi le média d’Etat.

Selon la législation chinoise, les chefs d’accusation dans des affaires criminelles doivent être énoncés au moins dix jours avant le début d’un procès.

Une source proche du dossier avait indiqué mercredi, sous couvert d’anonymat, que le procès de Bo pourrait se tenir « au milieu ou à la fin du mois d’août ».

Le scandale autour de Bo Xilai, qui était l’un des 25 membres du puissant Bureau politique du Parti communiste chinois, avait mis à jour de profondes divisions au sommet de l’Etat — peu de temps avant la transition qui a vu Xi Jinping nommé à la tête du parti en novembre dernier.

Le populisme et le charisme de Bo, inhabituels parmi les caciques du régime, étaient controversés au sein du parti, mais il n’y manquait pas de soutiens et les préparatifs de son procès ont dû faire l’objet de longues tractations en coulisses, selon les experts.

« Le plus dur est passé » et le procès « sera probablement mené d’une façon procédurale et insipide, avec aussi peu d’éclat que possible », a estimé David Goodman, sinologue à l’Université de Sydney.

« Politiquement, c’est logique de tenir ce procès maintenant, pour que cela devienne une affaire classée avant le prochain plenum (du Parti communiste) en octobre », a-t-il ajouté.

Le dirigeant de Chongqing, gigantesque agglomération de 33 millions d’habitants, avait vu sa chute précipitée par son bras droit, l’ancien superpolicier Wang Lijun.

Brutalement tombé en disgrâce auprès de son patron, M. Wang avait essayé en février 2012 de demander l’asile politique au consulat américain de Chengdu, une métropole voisine, et y avait exposé les crimes et malversations ayant eu lieu à Chongqing — dont le meurtre d’un homme d’affaires britannique, Neil Heywood, par la propre épouse de Bo, Gu Kailai.

Bo Xilai avait été interpellé un mois plus tard, suspendu du Bureau politique en avril et son exclusion avait été entérinée à l’automne par le comité central du Parti. Gardé au secret dans un lieu inconnu, il n’est plus apparu en public depuis plus d’un an.

Sa tentative de défection a valu à Wang Lijun, devenu « traître » à la Chine, une peine de 15 ans de prison. Gu Kailai a quant à elle été condamnée en août dernier à une peine de mort avec sursis — peine généralement commuée en prison à vie.

Toujours habillé de costumes élégants, Bo Xilai avait fait la promotion de la « culture rouge » maoïste à coups de « chansons patriotiques », et s’était distingué en lançant une campagne musclée contre les mafias locales.

Après sa chute, les révélations se sont multipliées sur l’ampleur et la violence d’un mouvement de répression qui visait aussi l’ensemble des opposants à l’ancien maître absolu de Chongqing.

« Prince rouge » dont le père Bo Yibo était un révolutionnaire de la première heure, Bo Xilai a vu sa carrière brutalement interrompue au moment même où il espérait intégrer le comité permanent du bureau politique, saint des saints du pouvoir.

Les médias officiels avaient indiqué l’an dernier que Bo « portait une responsabilité majeure » dans l’assassinat de Neil Heywood, mais aussi qu’il avait reçu « de fortes sommes en pots-de-vins » et eu des relations sexuelles « inappropriées » avec « de nombreux femmes ».

L’annonce des chefs d’inculpation de Bo survient alors que les nouveaux dirigeants chinois ont durci ces derniers mois leur discours anti-corruption.

Le dernier membre du bureau politique à avoir été jugé pour corruption, l’ancien maire de Shanghai Chen Liangyu, avait été condamné en 2008 à 18 ans de prison.

Par Guylain Gustave Moke

WordPress/AFP

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Journaliste International,Analyste Politique, Guylain Gustave Moke vous invite á partager les Informations politiques credibles et dignes de foi. Parce que le monde n’a jamais changé aussi vite, l’actualité internationale est, chaque jour, plus difficile à décrypter. Les grilles de lecture toutes faites ne suffisent pas. Certains thèmes s’imposent parce que tout le monde en parle. D’autres sujets plus lointains peuvent éclairer les grandes questions du moment. Rien de ce qui nous arrive n’est intelligible sans tenir compte de notre place dans le monde, sans être à l’écoute de la planète. Je vous invite à enrichir notre débat dans un esprit libre et constructif.

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